samedi 26 mai 2012

Désistements, consignes de vote : quel parti fait quoi ?

PS : la fermeté
La ligne de conduite du parti socialiste a été précisée par
Martine Aubry mercredi. La patronne du PS a souligné qu'en cas de risque d'élection d'un candidat FN au second tour, le PS appellerait à voter "pour un parti républicain". Comprendre : en cas de duel UMP-FN, consigne serait donnée aux électeurs de voter pour le candidat de l'UMP. Pas question de se désister, en revanche, en cas de triangulaire, même si le candidat PS arrive en troisième position, a affirmé Martine Aubry lors d'une conférence de presse à Solférino mardi. Même attitude si un dissident de gauche arrive devant le candidat investi par le PS. Y'a-t-il une part de bluff dans cette prise de position ? On est en droit de le penser, car à l'appui de sa décision, Martine Aubry balaie d'un revers de main l'hypothèse - jugée probable par beaucoup d'observateurs - d'une victoire de candidats FN. "Je ne veux pas m'exprimer à la place des Français, mais aujourd'hui nous ne pensons pas" qu'il y aura des députés FN à l'Assemblée, a jugé Martine Aubry mardi.

L'UMP : le flou
Pas question, à l'UMP, de parler consigne de vote en cas de duel FN-PS. Chantal Jouanno et Nathalie Kosciusko-Morizet l'ont appris à leurs dépens. Le 18 mars, la porte-parole de Nicolas Sarkozy avait provoqué la colère des plus droitiers du parti en affirmant, comme elle l'avait dit dans son livre, qu'elle voterait pour le candidat socialiste dans ce cas de figure. Cette position, également adoptée par la sénatrice de Paris avait carrément été qualifiée de "stupide" par François Fillon entre les deux tours. L'ancien premier ministre, tout comme Claude Guéant, a dit qu'il ne voterait pas pour un candidat FN dans cette hypothèse. Faut-il comprendre qu'ils finiront in fine par voter PS ? Rien n'est moins sûr. Lors des cantonales de mars 2011,
Jean-François Copé avait adopté, au soir du premier tour, la politique du "ni-ni" contre les deux partis adverses. Et pour les triangulaires ? Nicolas Sarkozy avait affirmé entre les deux tours qu'il n'y aurait pas d'accord avec le FN. Mais des désistements ponctuels pourraient intervenir. Un dirigeant FN, cité par l'Express, indiquait le 11 mai qu'il y avait "effectivement quelques candidats de l'UMP avec qui (ils avaient) engagé des contacts ou avec qui (ils allaient) le faire. Il y en a au moins un dizaine peut-être plus", signalait le responsable, se plaçant dans une logique de "désistement réciproque". Officiellement, en tout cas, la ligne présentée par Jean-François Copé mercredi exclut tout accord avec le FN.

Le FN : souffler le chaud et le froid
Pour capitaliser sur le flou qui règne à l'UMP,
Marine Le Pen a tenté un "coup". La présidente du Front national, qui fustige depuis des années la tyrannie de l'"UMPS", a pourtant déclaré mardi que son parti pourrait soutenir "exceptionnellement" un candidat UMP ou un candidat PS en fonction de leur "valeur humaine", pour faire battre des candidats jugés particulièrement "nuisibles". Parmi eux quelques "affreux", comme Georges Tron, candidat dans l'Essonne, ou de Jean-Pierre Kucheida, dans le Pas-de-Calais, selon les termes de Florian Philippot, porte-parole du Rassemblement bleu marine. Objectif de l'entreprise : s'arroger une fois de plus la place de faiseur de roi, et prendre du galon dans l'espace politique.

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