La bataille est désormais frontale entre François
Fillon et Jean-François
Copé, pour le contrôle de l'UMP lors
du congrès de l'automne. Avec en vue la primaire pour la présidentielle à droite
en 2016. Dans cette future compétition pour être le candidat de la droite en
2017, diriger le parti est en effet un atout important. Important, mais pas
primordial comme on l'a vu chez les socialistes. En effet, c'est François
Hollande, qui n'était pas le patron du PS et non la Première secrétaire du parti
Martine Aubry, qui a emporté la primaire ouverte à l'automne dernier. Ce sont
désormais les sympathisants élargis qui choisissent le candidat. Et après
l'avoir critiqué, la droite va adopter ce même système en 2017.
Dans
cette logique, l'on aurait pu imaginer que François
Fillon décide de ne pas se lancer à l'assaut du parti et prenne un peu
de champ après cinq années éprouvantes à Matignon. Il aurait pu cultiver sa
popularité auprès des Français et laisser ses rivaux dont Jean-François Copé assumer la tâche ingrate d'opposition au
nouveau pouvoir. Mais l'ancien Premier ministre a ces derniers temps choisi une
autre option.
"Chef de
guerre"
C'est lui qui a lancé mercredi les hostilités, sans
attendre les élections législatives des 10 et 17 juin. Dans une interview au
Figaro Magazine, il a ouvertement contesté l'autorité du secrétaire général du
mouvement, en regrettant que "depuis le départ de Nicolas Sarkozy, il n'y ait
plus, à l'UMP, de leader naturel". Souvent secret sur
ses intentions, François Fillon a fait un pas très
clair vers une candidature à la présidence du parti, un poste "gelé" pendant le
bail élyséen de Nicolas Sarkozy et qui doit être remis en jeu dans quatre à six
mois.
L'ancien Premier ministre a accéléré pour plusieurs raisons, en
fonction des fenêtres de tir. D'une part, il veut sans nul doute profiter
rapidement de sa bonne cote de popularité auprès des Français et des
sympathisants UMP, un avantage qu'il a sur Jean-François Copé jugé moins rassembleur et moins
sympathique. D'autre part, François Fillon se voit
souvent affublé par le camp Copé d'une étiquette d'homme peu courageux et peu
désireux de combattre. Par ce coup, qui lui ressemble pas, il tient à montrer à
ses amis mais surtout ses ennemis sa détermination. « Fillon fait du Sarkozy ou
Copé », sourit un député parisien.
Et puis François
Fillon aurait mûri sa réflexion ces dernières semaines, selon certains
amis, en voyant la situation à Paris et les critiques répétées de Rachida Dati.
« Copé n'a rien fait pour faire cesser les agressions. Donc Il ne peut y avoir
confiance pour la suite », affirme un élu filloniste. Quand le respect n'est pas
là, il faut faire autrement ». Ainsi, François Fillon
ne voudrait pas laisser Jean-François Copé diriger le
parti et donc assurer l'organisation de la primaire en 2016, par manque de
confiance. Mais surtout, l'ancien Premier ministre voit bien qu'en laissant le
temps passer, l'actuel patron de l'UMP accroit son
influence sur les fédérations, les réseaux d'élus et le cœur des militants.
Jean-François Copé dont tout le monde, même ses
rivaux, loue les capacités de travail et d'organisation, notamment pendant la
campagne de Nicolas Sarkozy, trace en effet sa route, persuadé qu'au final les
militants récompenseront « le chef de guerre » et non l'ancien Premier ministre,
même populaire. Dans le camp Copé, on estime que l'ancien Premier ministre a
dégainé trop vite, au risque de mécontenter des militants et cadres qui rêvent
d'une revanche au "troisième tour" des législatives. A droite, la bataille de
leadership ne fait que commencer.
http://lci.tf1.fr/politique/ump-pourquoi-fillon-a-accelere-face-a-cope-7315831.html
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