Nicolas
Sarkozy l'a dit et répété, il est défavorable au vote des étrangers
lors des élections locales. En meeting mardi à Longjumeau (Essonne), le candidat
UMP a réitéré son rejet de cette idée qui ne peut, selon lui, que conduire
"au vote communautariste".
Cette ligne de conduite s'inscrit dans la stratégie de conquête
d'une partie des électeurs qui ont choisi de voter en faveur de Marine
Le Pen au premier tour de l'élection présidentielle dimanche
dernier et qui joueront un rôle prépondérant le 6 mai.
Dans le camp socialiste, la question du droit de vote des étrangers pourrait devenir un piège. Interrogée lundi soir sur France 3, Ségolène Royal a expliqué que ce projet "n'a jamais été une priorité" pour les socialistes.
Un peu plus tard dans la soirée, Arnaud Montebourg est revenu sur France 2 sur la réserve émise par l'ancienne candidate à l'élection présidentielle : "Ce sont des personnes qui sont des résidents réguliers sur le territoire, qui payent des impôts, qui, quand ils travaillent, cotisent aux caisses sociales, ils doivent participer à la vie locale et en ce qui nous concerne, c'est dans le programme de François Hollande".
En déplacement mercredi à Hirson (Aisne), le candidat socialiste a voulu éteindre tout début de polémique et de divisions internes en précisant sa pensée : "Tout ce que j'ai dit dans mon projet et dans mes 60 engagements, ça sera fait dans le quinquennat. Ségolène Royal a dit que ce n'était pas une priorité au sens immédiat, ce n'est pas la première mesure que nous allons prendre." Ménager la chèvre et le chou pour s'assurer du report des votes du Front de Gauche et récupérer des voix de gauche égarées dans l'extrême droite, voilà la tâche à laquelle est confrontée François Hollande dans cet entre-deux tours.
Mardi matin dans Libération, le député de Corrèze a
expliqué vouloir "convaincre" les électeurs frontistes que "c'est
la gauche qui les défend". Selon lui, une part de l'électorat de Marine Le Pen "vient de la gauche et devrait se retrouver
du côté du progrès, de l'égalité, du changement(...) parce qu'elle est
contre les privilèges, contre la mondialisation financière, contre une Europe
défaillante".
Le Sénat, dont la majorité se trouve désormais à gauche depuis l'automne, a adopté le 9 décembre dernier une proposition de loi accordant ce droit de vote. Toutefois, le texte ne permet pas aux étrangers de devenir maire ni de participer aux élections sénatoriales en tant que grands électeurs. Ils pourraient seulement être élus conseillers municipaux. Une précision qui reviendra peut-être dans les jours qui viennent.
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