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dimanche 3 juin 2012

Sarkozy est de retour

Presque un mois qu’il a perdu. Autant de temps qu’il se tait. Le teint hâlé et une barbe de trois jours, Nicolas Sarkozy est rentré discrètement samedi à la mi-journée d’un séjour au Maroc. Sûrement pas pour reprendre la parole. Ses derniers mots remontent au 6 mai. Et les prochains, il ne les prononcera pas avant… longtemps! Car l’ancien président a décidé de s’astreindre à une sévère cure médiatique. Ses amis parlent pour lui, et ça ne lui plaît pas trop. En même temps, lui-même est bavard avec eux. C’est simple, Nicolas Sarkozy a passé sa troisième semaine de vacances à Marrakech pendu au téléphone avec ses anciens ministres, ses ex-collaborateurs ou même des députés en campagne!
Des élections législatives qu’il suit de loin sans trop croire à la victoire. La bagarre pour la présidence à l’UMP l’amuse, mais il ne veut pas prendre parti. "Que le meilleur gagne!", lâche-t-il. À un ancien ministre, il a tout de même glissé une petite vacherie : "Dès que je ne suis plus là, c’est le bordel!" On ne se refait pas, surtout après trente ans de vie politique. Beaucoup ont pourtant entendu ce genre de supplique : "Laissez-moi respirer! J’ai besoin de remettre à jour les coordonnées de mon GPS. Je veux une vie normale."

Une "volonté de discrétion durable"

Une vie d’"homme normal"? La référence à François Hollande est à la fois drôle et sans doute inconsciente. L’ancien président évite les commentaires sur son successeur. "Quand il en parle, ce n’est pas agressif. Il n’aime pas son antigermanisme, qu’il juge surtout électoraliste", confie un ami. Son vieux compagnon Brice Hortefeux, qui s’entretient presque tous les jours avec lui, est formel : "Il a une volonté de discrétion durable." Le temps sans doute de voir sa cote remonter dans les sondages. "Dans un an, il sera plus populaire que Chirac", parie un proche. Peut-il remonter sur le ring de la politique? "Si Fillon prend l’UMP, alors il n’aura plus d’espace français pour lui. Seulement au niveau européen, ce qui serait pas mal", juge un ami qui l’encourage dans cette voie.
En attendant de trouver le défi qui le motivera, il a donné sa bénédiction au lancement de l’association Les amis de Nicolas Sarkozy. Un fan-club pour entretenir la flamme? Pour l’instant, il se contente d’approuver la démarche affective. Et seulement ça. Il a tout de même surveillé l’opération de près, au point de relire, avant la publication, la tribune parue hier dans Le Figaro.
Dans le riad prêté par le roi du Maroc, il s’est refait une santé. Samedi soir, il a repris ses habitudes : un footing au bois de Boulogne, pendant que Carla emmenait son fils au parc Astérix

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jeudi 16 février 2012

Les premières pistes du programme du candidat Sarkozy

Nicolas Sarkozy a déjà dessiné les contours de son programme, articulé autour des "valeurs" de "travail", de "responsabilité" et d'"autorité" et dont certaines mesures pourraient être adoptées par référendum.

EMPLOI

Avec un taux de chômage proche de 10 % et un "système d'indemnisation qui fonctionne mal", M. Sarkozy envisage d'organiser un référendum, si les partenaires sociaux ne parviennent pas à s'entendre, sur la formation des demandeurs d'emploi et l'obligation pour les chômeurs d'"accepter la première offre d'emploi correspondant au métier pour lequel ils auront été nouvellement formés".
Les 35 heures pourraient être vidées de leur substance avec des négociations "compétitivité emploi" au sein des entreprises.

ÉCONOMIE

. S'il est réélu, Nicolas Sarkozy veut faire adopter une "règle d'or" budgétaire qui fixe dans la Constitution une trajectoire de réduction de la dette publique. Avec un Sénat passé à gauche, le chef de l'État ne pourra sans doute pas réformer la Constitution en convoquant le Parlement en Congrès et devra passer par un référendum, comme Nicolas Sarkozy et François Fillon l'ont indiqué mardi.
Il promet une taxe sur les transactions financières de "0,1 %", applicable "au mois d'août".
Multipliant les références au "modèle allemand", Nicolas Sarkozy veut mettre en place avec Berlin un impôt commun sur les sociétés afin de "créer une zone de stabilité en Europe".

PROTECTION SOCIALE

L'Assemblée nationale a entamé, lundi, l'examen d'une réforme de la protection sociale combinant baisse des charges patronales et hausse de 1,6 point du taux de TVA afin d'alléger le coût du travail et d'améliorer la compétitivité des entreprises françaises. Cette réforme est censée entrer en vigueur le 1er octobre si Nicolas Sarkozy est réélu. Son adversaire socialiste, François Hollande, reviendra dessus en cas d'alternance.

ÉDUCATION

Pour "augmenter fortement la présence des adultes dans l'école", Nicolas Sarkozy veut "revaloriser fortement la profession d'enseignant, améliorer leur formation et réfléchir à leurs missions et conditions de travail". Un recours au référendum sur cette question est écarté.

IMMIGRATION

Contrairement à François Hollande, Nicolas Sarkozy, par crainte d'une "montée du communautarisme", est opposé au droit de vote des étrangers extra-européens aux élections locales.
Là aussi, il envisage de s'adresser directement aux Français pour redéfinir la juridiction compétente en matière de droit des étrangers. Il est favorable à ce que seule la juridiction administrative soit compétente pour mettre fin aux compétences partagées entre tribunaux administratifs et judiciaires.
Les prestations accordées aux demandeurs d'asile devraient être limitées, et les titres de séjour obtenus par le mariage avec un Français soumis aux mêmes conditions de logement et de ressources que dans le cadre du regroupement familial.

SOCIÉTÉ

M. Sarkozy est défavorable au mariage homosexuel, pour "ne pas brouiller cette institution sociale essentielle qu'est le mariage", ainsi qu'à l'adoption par des couples de même sexe.
Sur la fin de vie et l'euthanasie, il est également opposé à une nouvelle législation.

POLITIQUE ÉTRANGÈRE

S'il gagne en mai, le chef de l'État prévoit une accélération d'un an du calendrier de retrait des troupes combattantes de l'armée française d'Afghanistan, avancé à fin 2013. M. Hollande est, lui, favorable à un retrait dès fin 2012.
http://www.lepoint.fr/economie/les-premieres-pistes-du-programme-du-candidat-sarkozy-15-02-2012-1431833_28.php