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jeudi 16 mai 2013

Un homme ayant menacé de mort Claude Bartolone et des personnalités marseillaises arrêté

Un homme qui aurait récemment menacé de mort par courrier le président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone (PS) ainsi que des personnalités marseillaises a été interpellé mardi à Marseille et placé en garde à vue, a-t-on appris jeudi de source policière.
L'homme, Michel O., dont les motivations restent à déterminer avec précision, a été identifié notamment par les policiers enquêtant sur une série de menaces ayant visé des personnalités locales dans la cité phocéenne dont le député socialiste Patrick Mennucci, a t-on précisé.
Il se revendiquait d'une mystérieuse organisation baptisée «renouveau nationaliste» et avait envoyé différents courriers les menaçant de leur «faire la peau».
Le 22 avril, Claude Bartolone avait aussi reçu une lettre de menaces contenant de la poudre de munitions le mettant «en demeure de surseoir au vote définitif de la loi sur le mariage pour tous» signée d'une «interaction des forces de l'ordre».
D'autres élus avaient également reçu des menaces en lien avec ce sujet.

http://www.20minutes.fr/ledirect/1156597/20130516-un-homme-menace-mort-m-bartolone-personnalites-marseillaises-arrete

vendredi 2 novembre 2012

Merah/Hollande : Guéant "ne sent pas visé"

L'ancien ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, a assuré, vendredi, sur Europe 1, qu'il ne "se sentait pas visé" par les propos tenus par François Hollande, jeudi, qui a reconnu des "failles" dans l'affaire Mohamed Merah. "Un ministre de l'Intérieur ne fait pas lui-même les enquêtes, ce sont les fonctionnaires de police qui les font, sous l'autorité de la justice," a souligné l'ancien locataire de la place Beauvau.
"Le drame de Toulouse a révélé certaines failles dans l'organisation de notre renseignement (…) Toute la lumière sera faite", a déclaré jeudi François Hollande. "Je ne sais pas sur quoi François Hollande se fonde pour affirmer qu'il y a eu des failles".
"On reproche au service de renseignement de ne pas avoir été suffisamment alerté par la personnalité de Mohamed Merah". "Ce n'est pas une raison suffisante pour saisir la justice et arrêter quelqu'un dans notre pays", a assuré l'ancien ministre de l'Intérieur.
 

mardi 23 octobre 2012

Les industriels n'ont pas le moral (Insee)

Le moral des industriels français s'est nettement dégradé en octobre, tombant au plus bas depuis l'été 2009, ce qui reflète des carnets de commandes dégarnis et un vif pessimisme quant à l'activité de leur secteur, a annoncé mardi l'Insee.
L'indicateur synthétique du climat des affaires dans l'industrie se replie ainsi de 5 points par rapport à septembre, à 85 points. Il s'éloigne un peu plus encore de sa moyenne de long terme (100 points). Au plus fort de la crise financière mondiale, le moral des industriels s'était effondré, en mars 2009, à 69 points, avant de remonter progressivement jusqu'à 111 points mi-2011. Mais, depuis, il rechute.
Le climat des affaires dans son ensemble (industrie, commerce, services, bâtiment) reste de son côté dégradé en octobre: l'indice le mesurant s'établit à 85 points contre 86 un mois plus tôt.
 

jeudi 5 juillet 2012

Yamina Benguigui dans un palace de Cannes, le Fouquet's de la présidence normale ?

L'affaire aura mis un mois et demi à ressortir dans les médias, alors que les service de presse du Premier ministre devaient la croire enterrer. Dans un portrait de la ministre de la Francophonie Yamina Benguigui paru hier, L'Express revient sur l'une des "affaires" qui auront émaillé le début de quinquennat de François Hollande, et auront été aussi vite "oubliées". Un membre du gouvernement Ayrault à la terrasse d'un palace cannois, voilà une manifestation d'un goût de luxe qui a coûté cher en d'autres temps…
18 mai dernier. La France se divise entre deux événements majeurs : les débuts de la "présidence normale" de François Hollande, et le 65e anniversaire du Festival de Cannes. La proximité du peuple contre la surenchère de paillettes. Trois jours plus tôt, le nouveau Premier ministre Jean-Marc Ayrault était nommé par Hollande.

Nommée deux jours plus tôt
Le 16 mai, ce même Ayrault présente son gouvernement. Parmi les rares personnalités issues de la société civile à en faire partie, on note la cinéaste Yamina Benguigui, alors nommée ministre déléguée aux Français à l'étranger (responsabilité réduite depuis à la Francophonie lors du mini-remaniement après les législatives). Tous connaissent le côté paillettes de cette artiste d'origine algérienne, amie de longue date de Rachida Dati, et ancienne adjointe à la Mairie de Paris, en charge des Droits de l'Homme et de la Lutte contre les discriminations.
Voilà donc que ce 18 mai, deux jours donc après la nomination du gouvernement, un tweet de Sébastien Calvet, photographe au quotidien Libération présent au festival de Cannes, qui s'étonne via des propos explosifs
Très vite, la nouvelle se répand sur le net. Plusieurs sites proches de la droite et de l'extrême gauche crient au retour de la "gauche caviar". Matignon, qui surveille les réseaux sociaux, découvre la nouvelle. Le sang de Jean-Marc Ayrault ne fait qu'un tour. Deux jours après le début du quinquennat, le spectre d'une deuxième "affaire Fouquet's", qui avait entaché de façon permanente la présidence de Sarkozy, est toujours bien présent. Il faut impérativement endiguer l'affaire.
On apprend que la présence de Benguigui était programmée avant son entrée au gouvernement, et qu'elle "n'a pas envisagé d'y renoncer – quelle idée !", écrit L'Express, précisant que la cinéaste a ses habitudes au Martinez, l'un des palaces les plus chers de la Croisette. Pourquoi changer ?
Des "habitudes" au palace Martinez, sur la Croisette
Le site du Figaro dévoile que Benguigui doit participer à la "mise en place du Fonds panafricain pour le cinéma et l'audiovisuel". Mauvais timing : la cérémonie se déroule en début de festival, avant même que la toute nouvelle ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, n'y fasse sa traditionnelle visite (elle ne montera les marches que le dimanche 20 mai, pour la soirée du 65e anniversaire du festival).
Il faut donc absolument empêcher Yamina Benguigui de monter les marches avant Aurélie Filippetti. Jean-Marc Ayrault demande à son directeur de cabinet de lui interdire de fouler le tapis rouge. Il faut également étouffer les rumeurs qui fleurissent sur le web, selon lesquelles le déplacement de Yamina Benguigui aurait été fait aux frais de l'Etat. On précise rapidement dans la presse que ce déplacement était d'ordre "privé", donc aux frais de la nouvelle ministre. Tout comme le Fouquet's… Mais le symbole est égratigné. Benguigui perdra après les législatives une partie de ses attributions. Et le côté "diva" de ministre serait très mal vu au gouvernement.
Comme un paradoxe qu'il vaut mieux cacher…

http://www.midilibre.fr/2012/07/05/yamina-benguigui-le-palace-de-cannes-et-la-fureur-de-ayrault,528696.php

dimanche 24 avril 2011

"Les politiques, c’est tout pour les gros, rien pour les petits"

Elle vient de se mettre à chercher du travail… sans espoir d’en trouver. à 57 ans, Danielle sait bien qu’elle est trop âgée pour être embauchée. Coquette, avec ses lunettes de marque et son bel imper noir, elle a bossé trente-neuf ans dans cette usine Renault de Sandouville (Seine-Maritime). Puis elle est partie avec le plan Renault Volontariat: trois ans de chômage et la retraite à 60 ans, c’était ce qu’on lui avait promis. Mais cet automne, l’âge légal a été repoussé et Danielle se retrouve sur le carreau: "C’est foutu, j’aurai un an sans revenu. Plus droit au chômage et pas droit à la retraite. Je suis écœurée par Sarkozy, c’est lui qui me met au gratin."
Danielle est venue témoigner mardi 12 avril lors d’une conférence de presse de la CGT où elle a retrouvé ses copains de la chaîne. Elle n’est pas une "rouge" et elle est d’autant plus déçue par le Président qu’elle avait voté pour lui en 2007. "Sarkozy voulait remettre les gens au boulot, je suis dégoûtée quand je vois des jeunes feignants. Il parlait bien, c’était un homme à poigne. Et puis, il y avait l’insécurité…"
La coquette rousse n’en est pas victime mais elle s’inquiète: "Je lis le journal le matin, je regarde la télé." Du coup, elle votera Marine Le Pen en 2012. Elle le raconte, sans honte, dans le local de la CGT: "Marine Le Pen est très bien, j’ai déjà voté pour son père. Je veux la sécurité et qu’on bloque les frontières pour empêcher les Noirs et les Arabes de venir. Je n’étais pas raciste mais je le deviens. Je ne la connais pas Marine Le Pen mais pour mon cas, je suis sûr qu’elle dirait: 'C’est pas normal de vous remettre au boulot'."

"La gauche et la droite, ils ont fait quoi depuis trente ans?"

Danielle vient de quitter l’usine, ce fleuron de Renault qu’elle ne reconnaissait plus. "Quand j’y suis entrée, en 1972, c’était une petite famille. Le quart du matin, c’était dur, j’avais mes gamins, la maison, mais les gars étaient solidaires. Les cinq dernières années, l’ambiance était pourrie, les jeunes nous parlaient mal, un ingénieur m’a dit: 'Occupe-toi de ton cul' quand je lui ai fait remarquer qu’il y avait un défaut sur une voiture."
C’était mieux avant, à Sandouville comme ailleurs. "La période où j’ai le mieux vécu c’était sous Giscard, il y avait du travail", souffle Gilbert, trente-cinq ans d’usine dans les jambes. Le barbu à l’air triste devra, comme Danielle, passer un an sans revenu. Lui a choisi de faire de la danse-country pour "se changer les idées".
Ces ouvriers n’ont plus le losange à la place du cœur, ils ont perdu la fierté d’être des "Renault". Nicolas Guermonprez est secrétaire général de la CGT. À 32 ans, pull noir à capuche sous sa blouse grise, il a déjà passé dix ans chez le constructeur automobile. "Quand je suis entré, j’étais assuré d’avoir un emploi jusqu’à ma retraite. Ma plus grosse déception, c’est le gâchis. C’était un village, cette usine. Puis on a eu des suicides, des pétages de plombs. Au début, si on faisait une blague sur Renault, ça passait pas, maintenant ça change."
Et pas seulement depuis la fausse affaire d’espionnage. Dans cette usine haut de gamme de Renault, on fabriquait les Laguna, les Vel Satis. Plus maintenant. "Ici, on a toujours produit les voitures du Festival de Cannes. Cette année, pour la première fois, les stars arriveront dans des Renault fabriquées loin de France. Les politiques se foutent de nous, on a l’impression d’être au bord de la route." Le 6 octobre 2008, Nicolas Sarkozy est venu à Sandouville pour les rassurer, sur le thème: "L’usine ne fermera pas. Et en plus des véhicules de prestige, vous fabriquerez des véhicules utilitaires." Une promesse non tenue pour le cégétiste: "À l’époque, on était 4.500, aujourd’hui on est 2.450. L’utilitaire devait être la cerise sur le gâteau, et là, on n’a plus que la cerise. Ce qu’on peut attendre d’un bon président de la République, c’est qu’il tienne parole, estime Nicolas Guermonprez. Croyez-moi, il y en a un qui n’aura pas beaucoup de voix des ouvriers de Sandouville!"

"Ce qu'elle dit sur les ouvriers, ça rejoint ma façon de penser"

Les délocalisations, ils les subissent et s’en plaignent. "Tout ça, c’est à cause de la mondialisation", accuse Jacques entré en septembre 1968. Alors forcément, DSK n’est pas très populaire: "Je l’appelle Strausskozy. Il n’est pas de gauche, il est en plein dans le système de la mondialisation, il va pas nous ramener de boulot ici", poursuit un autre. "Il est lointain, c’est un énarque déconnecté, il fait partie des princes de la politique en décalage complet", pour Florian, 50 ans, dont trente à l’usine. Seul Patrice Deuve veut croire en lui: "DSK, c’est ce qui correspondrait le plus à la France. C’est un centriste", témoigne celui qui a commencé à la chaîne, il y a trente-neuf ans. En même temps, il ajoute: "Marine Le Pen n’a pas toujours tort sur l’insécurité, l’immigration et tout ce qui s’ensuit mais elle est quand même extrême."
Fabien, visage poupon et dur à la fois, 38 ans, entré chez Renault en 1999, est un pilier de FO. Il s’exprime à titre personnel: "Je suis de gauche, je ne suis pas partisan du FN, écrivez-le. Mais la gauche et la droite, ils font quoi depuis trente ans? Marine Le Pen est maligne. Elle parle d’économie, elle a fait des études, elle n’est pas allée dans les tranchées comme son père. En 2017 ou 2022, il faudra faire attention, le FN sera un parti qui potentiellement prendra les commandes de l’État, même s’il ne résoudra rien."
Sartre ne voulait pas désespérer Billancourt; les politiques, aujourd’hui, désespèrent Sandouville. "Tout augmente, les pâtes, le pain, le riz. Ça devient compliqué même avec quatorze ans de Renault de finir le mois. Beaucoup d’ouvriers ont voté Sarkozy pour le pouvoir d’achat, mais ça n’a jamais été pire", balance Alain, un "rouge" de 43 ans.
Tatouage sur l’épaule qu’on devine sous son blouson, petits anneaux aux deux oreilles, Olivier vote mais n’attend rien de la prochaine présidentielle. "Les politiques, c’est tous les mêmes, tout pour les gros, rien pour les petits. Ils n’en ont rien à branler des jeunes, il n’y a que l’argent, les bénéfices. Que ce soit Pierre, Paul ou Jacques, ils s’en foutent tous." Du haut de ses 28 ans, il a déjà dix ans d’ancienneté chez Renault. Huit ici et deux au Technocentre de Guyancourt, quand il en a eu marre du chômage technique de Sandouville. Olivier était en grève le 6 octobre 2008, lorsque Nicolas Sarkozy s’est rendu à Sandouville. "Je lui en veux de nous avoir balancé ses CRS. Il disait 'la France qui se lève tôt', mais c’est pas lui qui se lève à 5 heures du mat’."
La seule qui trouve grâce aux yeux d’Olivier est Marine Le Pen: "Elle doit être mieux que son père et plus franche que Sarko." Il votera pour elle en 2012: "Ce qu’elle dit sur les ouvriers, ça rejoint ma façon de penser. Son père était plus axé sur les étrangers. Elle, elle fait du social pour tout le monde, Noir, Blanc, beur, tous pareils. Des collègues m’en parlent, je suis sûr qu’ils voteront pour elle.