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dimanche 28 septembre 2014

La droite en passe de reconquérir le Sénat

La gauche devrait subir dimanche sa troisième défaite électorale en 2014, après la débâcle des municipales en mars et des européennes en juin: le Sénat, dont la moitié des membres (178 sièges sur 348) sont renouvelables, devrait revenir à la droite, après trois ans de parenthèse socialiste. En septembre 2011, le Sénat avait basculé à gauche avec six voix de majorité seulement, et la Haute Assemblée n'a cessé de rejeter les textes fondamentaux (budgets, réforme des retraites ou réforme territoriale) par l'effet de coalitions de circonstance entre le PCF et la droite, voire de l'opposition des Verts ou des radicaux de gauche à l'exécutif au gré des textes en discussion. Le président PS du Sénat, Jean-Pierre Bel, a annoncé dès le 6 mars - avant les municipales - qu'il n'effectuerait pas un second mandat, ce qui a encore contribué à affaiblir l'institution sénatoriale. Cette élection a provoqué un engouement sans précédent, puisqu'il y a 1 732 candidats en lice pour 178 sièges (contre 1 372 en 2011 et 754 en 2008), et de nombreux dissidents, à droite comme à gauche.

Campagne difficile pour le PS

Cette élection arrive au pire moment pour l'actuelle majorité, sur fond de colère des grands électeurs sénatoriaux, qui font face à la baisse des dotations aux collectivités locales, aux incertitudes quant à l'avenir des départements dans la réforme territoriale, à la coûteuse réforme des rythmes scolaires et à un sentiment d'abandon dans les territoires ruraux. «Tous nos candidats y vont à fond, car la campagne est très difficile», reconnaît Didier Guillaume, le président du groupe PS au Sénat, qui sera probablement le seul à retrouver son siège dans la Drôme, les deux autres sièges socialistes devant revenir à l'UMP.
Le raz de marée de la droite aux municipales de mars a été tel que dans les 58 départements de métropole soumis à renouvellement, l'UMP peut conquérir une trentaine de sièges sur le PS, et l'UDI entre cinq et sept sièges. La gauche ayant 20 sièges d'avance parmi les sénateurs non renouvelables, la victoire de la droite se jouera in fine à une dizaine de sièges près.
Malgré l'introduction de la proportionnelle dans les départements à trois sièges, censée favoriser la gauche, le PS n'en tirera profit que dans le Calvados, la Charente-Maritime, l'Eure, la Sarthe, la Haute-Savoie et la Somme. L'UMP, elle, est en position de force pour gagner des sièges dans tout l'Hexagone, de l'Ain à la Haute- Garonne, en passant par la Corrèze, l'ancien fief de François Hollande, où les deux sièges socialistes sont menacés. Le groupe communiste (CRC) qui a cinq sièges renouvelables pourrait en perdre trois, dans l'Allier, les Bouches-du-Rhône et le Rhône, et le groupe RDSE (radicaux de gauche) a douze sièges renouvelables et trois pertes prévisibles, notamment dans le fief de l'ancien ministre Jean-Pierre Chevènement, qui quitte son siège dans le Territoire de Belfort, brigué par l'UMP.
Outre Jean-Pierre Bel et Jean-Pierre Chevènement, 57 sénateurs (dont 25 PS et 20 UMP) ne se représentent pas, dont l'ancien président UMP du Sénat, Christian Poncelet, ou le maire PS de Strasbourg Roland Ries. L'ancien ministre centriste Michel Mercier, qui avait quitté le Sénat en avril, se représente, lui, dans le Rhône. Certains lui prêtent l'ambition de reprendre la présidence du groupe centriste, actuellement détenue par François Zocchetto. Le député UMP de l'Aube François Baroin, candidat aux sénatoriales, mais aussi à la présidence de l'Association des maires de France (AMF), est assuré d'être élu au Palais du Luxembourg.
À droite, trois sénateurs UMP sont candidats à la présidence du Sénat: Jean-Pierre Raffarin, Gérard Larcher, et le président de la commission des finances, Philippe Marini. Trois autres briguent la succession de Jean-Claude Gaudin à la présidence du groupe UMP: Roger Karoutchi, Gérard Longuet et Bruno Retailleau.

http://www.lefigaro.fr/politique/2014/09/26/01002-20140926ARTFIG00310-la-droite-en-passe-de-reconquerir-le-senat.php

vendredi 18 juillet 2014

Au Sénat, l'élection de septembre sera serrée

"On va gagner le Sénat." Le nouveau secrétaire général de l'UMP, Luc Chatel, l'a confié  mercredi au JDD : les prochaines élections sénatoriales du 28 septembre vont selon lui tourner à l'avantage clair de son camp et la chambre haute du Parlement va basculer, après un court intermède à gauche depuis 2011. La logique semble avec lui : la majorité socialiste n'est que de six sièges et, avec les très nombreux succès de l'UMP aux municipales (et comme les sénateurs sont élus essentiellement par les représentants des communes), le principal parti d'opposition devrait l'emporter. En interne, l'UMP a fait ses comptes. Selon un document de la Commission nationale d'investiture du parti, qui liste tous les candidats du parti et leur chance de gagner, l'UMP est déjà sûre de gagner 4 sièges et peut potentiellement en remporter 21 autres. Toujours selon le même document, le PS est sûr d'en obtenir 6 et peut potentiellement en prendre 3 autres.
Sauf que les sénatoriales restent des élections et que leurs modalités ne sont pas si défavorables au PS. Seulement 178 des 348 sièges de la Haute Assemblée sont remis en jeu : cette année seront renouvelés les sénateurs des départements compris, par ordre alphabétique, entre l'Ain (01) et l'Indre (37), puis du Bas-Rhin (67) à l'Yonne (89), hors ceux de l'Ile-de-France, ainsi que ceux de Guyane, de Polynésie française, de Saint-Barthélemy, de Saint-Martin, des Iles Wallis et Futuna. A cette liste s'ajoutent deux sièges de sénateurs démissionnaires, dont celui de Jean Arthuis élu en mai au Parlement européen.

Le FN va-t-il avoir son premier sénateur?

Sur ces 130 sièges, le président du groupe socialiste au Sénat, Didier Guillaume, est formel : "Certes la droite va progresser", reconnaît-il. "Mais la série de cette année ne lui est pas favorable, en particulier à l'UMP qui aura 77 de ses 130 sénateurs renouvelables." Il souligne aussi que chaque élection sénatoriale est une élection départementale, par liste dans les départements ayant plus de trois sénateurs et au scrutin majoritaires à deux tours dans les autres. Plus que les questions nationales, ce sont les enjeux locaux qui comptent, selon lui. Et de prédire que le scrutin va se jouer dans un mouchoir de poche.
L'UMP devra, elle, faire face aux dissidences. Et aussi au Front national, qui a considérablement renforcé ses positions après les municipales. Le parti de Marine Le Pen espère obtenir un ou plusieurs sièges, ce qui serait historique. Ce ne sera sûrement pas dans le Vaucluse où Marion Maréchal-Le Pen et Jacques Bompard, maire d'Orange et patron de la Ligue du Sud, n'ont pas réussi à s'unir. Peut-être dans le Gard et plus sûrement à Marseille, où Stéphane Ravier fait tout pour devenir le premier membre du FN à entrer au Palais du Luxembourg. Cette montée en puissance du FN va gêner l'UMP : les voix pour les listes d'extrême-droite vont geler les scores du parti de Luc Chatel. Et les maires des petites communes pourraient bien aussi voter pour des listes Front national plutôt que pour celles de l'UMP.
A l'inverse, quelques facteurs ne jouent vraiment pas en faveur de la gauche : aucun accord n'a été conclu avec les écologistes, ni avec les radicaux et encore moins avec les communistes. Ce sont les maires des petites communes qui font réellement l'élection de part leur nombre. A droite, les candidats affûtent leurs arguments de campagne dans leur direction : ils dénoncent la baisse des dotations aux collectivités, qui vont devoir se serrer la ceinture alors que, selon eux, l'Etat ne fait pas un effort identique. Ils soulignent que la réforme des rythmes scolaires est mise en place par les communes sans compensation financière à long terme et ils critiquent la réforme territoriale.
Le scrutin risque donc d'être très serré. Et l'UMP est sûre d'une chose : certes la victoire de 2014 n'est pas acquise, mais celle de 2017 est assurée.
 

mardi 27 septembre 2011

Présidence du Sénat, la gauche met en garde contre les "bidouillages"

Certes, les socialistes ont obtenu la majorité absolue au Sénat. Mais en théorie, il reste une possibilité au président sortant Gérard Larcher (UMP) de conserver la présidence de cette assemblée s'il parvenait à convaincre quelques députés de l'opposition de voter pour lui, après négociations et pour des raisons diverses.. L'élection au Sénat est en effet aussi mystérieuse que celle d'un pape, entend-on souvent au palais du Luxembourg.
Qui sont ces sénateurs qui vont être si surveillés ? Ce sont 9 divers gauche, 9 PRG et 4 radicaux. Le président du Sénat est élu au scrutin secret à la tribune : chaque sénateur dépose dans une urne un bulletin portant le nom du candidat de son choix. Pour être élu, le président doit obtenir une majorité absolue des suffrages exprimés au premier ou au deuxième tour. Au troisième tour, une majorité relative est suffisante. En cas d'égalité, le plus âgé l'emporte.
"Il y a des groupes charnières"
La gauche a mis en garde la majorité lundi contre tout "tripatouillage" visant à la priver de sa victoire historique au Sénat."Pas de hold-up !", a tonné le président des sénateurs socialistes,
Jean-Pierre Bel, qui sera samedi candidat au "plateau". "C'est une majorité de gauche qui est sortie des urnes", a-t-il rappelé. Les sénatoriales de dimanche ont fait basculer le Sénat à gauche, pour la première fois dans l'histoire de la Ve République, l'opposition détenant désormais 177 des 348 sièges, deux de plus que la majorité absolue. Ce sénateur de l'Ariège, jusqu'ici peu connu du grand public mais qui fut le premier à proclamer la victoire de son camp, a qualifié de "dérisoires" de possibles débauchages de sénateurs de gauche pour soutenir le sortant Larcher. Même ton chez Pierre Moscovici, coordonnateur de la campagne de François Hollande pour la primaire. "Toute tentative de troisième tour, de tripatouillages, serait indigne", s'est-il exclamé.

Pourtant, le sénateur UMP de la Vienne, Jean-Pierre Raffarin, a pronostiqué lundi une victoire de Gérard Larcher le 1er octobre. "Le pronostic favorable pour (Gérard) Larcher reste le plus déterminant", a estimé l'ancien Premier ministre, selon lequel "les socialistes vendent la peau de l'ours avant de l'avoir tué". Même prédiction du ministre des Relations avec le Parlement, Patrick Ollier: "le Sénat est particulier", observe-t-il. "Il y a des groupes charnières dont on ne sait pas à deux ou trois voix près ce qu'ils vont représenter. Donc Gérard Larcher a raison de se présenter. S'il a une chance de gagner, il faut qu'il la tente. On fera tout pour l'aider".

lundi 26 septembre 2011

La gauche conquiert enfin le Sénat

Le 25 septembre restera comme un jour qui marquera l'histoire. Le Sénat va connaître l'alternance." Jean-Pierre Bel, actuel président du groupe socialiste n'a pas boudé son plaisir dimanche soir en annonçant la victoire de la gauche aux sénatoriales, lors d'une conférence de presse. "Historique", seulement depuis 1968 et la fin de la présidence de Gaston de Monnerville (centre gauche) dans la chambre haute. mais l'évènement reste important. Il fallait tout de même remporter 23 sièges sur la droite pour y parvenir.
C'est peu après 19 heures que les socialistes, les écologistes et les communistes ont obtenu leur confirmation. Et elle est provenue de la Manche qui a apporté le 23e siège supplémentaire de la journée. La gauche obtient la majorité absolue, avant même les votes de Martinique et Guadeloupe. Elle s'attend au minimum à garder ses positions, voire à progresser en Guadeloupe et vise donc les "24, 25, 26" sièges. "La gauche réussit pour la première fois l'alternance", s'est réjoui immédiatement le chef de file des sénateurs socialistes, qui est donc en mesure théoriquement de succéder à la présidence du Sénat à l'UMP Gérard Larcher. "Le mouvement est bien avancé", a plus prudemment expliqué Catherine Tasca, sénatrice PS, sur le plateau de Public Sénat.

"Décomposition du système" Sarkozy

En face, Gérard Larcher, actuel président du Sénat, n'a pas explicitement reconnu sa défaite. "La poussée de l'opposition est réelle et plus ample que je ne l'avais estimée", a-t-il souligné lors d'une conférence de presse très brève. Il faut rappeler que Larcher restait il y a quelques semaines encore sûr de se maintenir sur le plateau. "Nous avons dû mener une campagne difficile", s'est-il toutefois justifié, évoquant une "crise de confiance entre les citoyens et les institutions". Mais celui qui a été réélu ce dimanche dans les Yvelines ne s'avoue pas vaincu pour autant : "Je serais candidat le 1er octobre", lors de l'élection du président de la chambre, a-t-il annoncé, ajoutant : "Les sénateurs auront à ce décider entre deux visions".
Si l'on s'écarte de l'enjeu de la présidence du Sénat, cette défaite intervient au plus mauvais moment pour le gouvernement et Nicolas Sarkozy, à sept mois de l'élection présidentiel. Et les adversaires de l'UMP ne se sont pas privés de sauter sur l'occasion. François Hollande, candidat à la primaire socialiste, a estimé que cette victoire constituait "une décomposition du système politique" de Nicolas Sarkozy et était "d'une certaine façon prémonitoire de ce qui va se passer en 2012". "Nicolas Sarkozy sera le président de la République de droite qui aura perdu la majorité au Sénat", a-t-il déclaré à la presse. François Fillon, qui a reconnu une "forte poussée" de la gauche, a tout de même voulu la tempérer. Pour le Premier ministre elle est avant tout "accentuée par les divisions de la majorité". "Le moment de vérité aura lieu au printemps prochain", poursuit dans un communiqué le chef du gouvernement, pour qui "ce soir, la bataille commence".

Des mauvais résultats presque partout

Au fur et à mesure de la journée, des résultats sévères pour la majorité sont tombés. Le ministre de la Ville, Maurice Leroy, battu ; un 8e siège gagné par la gauche à Paris où l'UMP ne détient plus que deux sénateurs ; un gain d'un siège pour la gauche dans le propre département du président UMP du Sénat Gérard Larcher ; Loiret, Isère, Nord, Pas-de-Calais, Hauts-de-Seine, Val-de-Marne, Oise, Manche, Pyrénées-Orientales... La liste des départements où la gauche a progressé s'est allongée, marquant une très forte poussée pour l'opposition. "Plus que 2 sénateurs UMP à Paris, c'est une défaite historique et politique", a triomphé sur Twitter Anne Hidalgo, 1ere adjointe PS au maire de Paris, Bertrand Delanoë. Pierre Charon, suspendu de l'UMP pour dissidence et malgré tout élu, a fait une arrivée triomphale au Sénat.
La réélection dès le premier tour dans le Loiret, département traditionnellement à droite, du sénateur sortant Jean-Pierre Sueur et celle, dans le Morbihan, de la sortante Odette Herviaux, également PS, avait donné le signal de cette victoire dès la mi-journée. Dans la foulée, la victoire dans les Pyrénées-Orientales du président du conseil régional de Languedoc-Roussillon, le "frêchiste" Christian Bourquin, confirmait la tendance. Il s'agit d'"une progression historique pour la gauche et une sanction incontestable pour l'UMP", a déclaré le premier secrétaire du PS par intérim, Harlem Désir, arrivé au Sénat peu après la candidate à la primaire PS Martine Aubry et celle de François Hollande.
Cette victoire est particulièrement favorable pour ce dernier, une grande majorité de sénateurs PS s'étant prononcés en faveur du député de Corrèze. La droite a perdu des départements qu'elle détenait depuis pratiquement toujours comme la Lozère. "La gauche progresse partout, on sent une lame de fond", a assuré sur Public Sénat le secrétaire national du PS chargé des élections, Christophe Borgel. C'est une défaite d'autant plus importante qu'il y a "un refus de la droite des grands électeurs", a renchéri Michel Delebarre, maire de Dunkerque et tête de liste PS dans le Nord où la gauche a gagné un siège et a manqué le 6e à une voix.
Samedi aura lieu l'élection du président du Sénat et une majorité de gauche devrait se traduire par un président de gauche. Catherine Tasca devrait tenter sa chance face à Jean-Pierre Bel, qui théoriquement devrait succéder au perchoir à Gérard Larcher.

dimanche 25 septembre 2011

Sénatoriales: scrutin crucial dimanche

Suspense à sept mois de l'élection présidentielle : le scrutin sénatorial qui s'ouvre dimanche à 8h30 pourrait voir un basculement historique à gauche de la deuxième chambre du Parlement
La moitié des sièges du Sénat est renouvelée, dans 44 départements soit 170 sénateurs, en comptant cinq nouveaux sièges créés en Isère, dans le Maine-et-Loire, l'Oise, à La Réunion et en Nouvelle-Calédonie pour tenir compte des évolutions démographiques et six sièges pour les Français de l'étranger. (Lire également : votre département risque-t-il de basculer dimanche ?)
La gauche ne peut que progresser, elle qui a gagné toutes les dernières élections locales, -municipales, régionales, cantonales. Pourra-t-elle pousser l'avantage auprès des 71.890 grands électeurs jusqu'à remporter la majorité du
Sénat ? Les paris restent ouverts car l'équation personnelle des candidats, les particularités locales, les jeux d'alliance rendent toute prévision impossible. Pour le chef de file des sénateurs PS, Jean-Pierre Bel, il faudrait que la gauche emporte 23 sièges pour avoir la majorité absolue. Actuellement, sur un effectif de 343 sénateurs, la gauche détient 153 sièges: 116 sénateurs sont inscrits au groupe PS et Verts et 24 au groupe Communistes, républicains et citoyens. Elle peut aussi compter sur 13 des 17 membres du groupe Rassemblement démocratique et social européen (RDSE). 29 sénateurs font partie du groupe Union centriste, qui rassemble le MoDem, le nouveau centre, l'Alliance centriste. 149 sont inscrits comme UMP, 7 sont non inscrits, et un siège est vacant.

La droite devrait pâtir de la grogne des élus locaux qui ont mal perçu la réforme des collectivités adoptée fin 2010 et qui sont en première ligne face aux répercussions de la crise sur leurs administrés. Elle se présente en outre en ordre très dispersé, comme à Paris. Mais le mode de scrutin qui permet une surreprésentation des petites communes rurales, traditionnellement conservatrices, l'avantage. La grande majorité des petits maires ou délégués municipaux qui votent sont par ailleurs sans étiquette. (A lire également : trois ministres dans la bataille du Sénat)

Comment se passe ce vote ? Les bureaux de vote ouvrent à 8h30 pour le premier tour dans les 26 départements ou le scrutin a lieu au suffrage majoritaire. Il sera clos à 11h00 et un deuxième tour se déroulera entre 15h30 et 17h30. Dans les autres départements soumis à la représentation proportionnelle, le scrutin est ouvert de 09h00 à 15h00. Les résultats s'échelonneront jusque vers 18h30-19h00 en métropole. Le président UMP du Sénat
Gérard Larcher a déjà annoncé une conférence de presse. Mais si le scrutin est si serré qu'aucune majorité nette ne s'est dégagée dimanche soir, il faudra attendre le "troisième tour" de l'élection sénatoriale, c'est-à-dire celle du nouveau président, le 1er octobre, pour désigner le vainqueur
http://lci.tf1.fr/politique/senatoriales-scrutin-crucial-dimanche-6727576.html

vendredi 23 septembre 2011

Le Sénat va-t-il passer à gauche ?

A droite, le sentiment va de très prudemment optimiste à franchement inquiet. Même si depuis quelques jours, le président UMP du Sénat Gérard Larcher affirme que son camp devrait garder la main sur la Haute assemblée, peu nombreux sont en réalité les dirigeants de la majorité qui vont passer un dimanche l'esprit tranquille. En effet, le 25 septembre, ce sont 170 sièges de sénateurs sur 348 qui sont mis en jeu et le résultat aura bien sûr une résonnance particulière à sept mois de la présidentielle. 71.890 grands électeurs participeront au scrutin : des délégués des conseils municipaux, qui représentent à eux seuls 95% du collège électoral, des députés, des conseillers régionaux et des conseillers généraux
Lors du précédent scrutin en 2008, la gauche avait créé la surprise, en remportant 23 sièges alors qu'un tiers du Sénat était renouvelable. Cette victoire avait été analysée comme le résultat de l'évolution sociologique des élus locaux, à l'issue des municipales de 2007 qui avaient vu une progression de la gauche. Jean-Pierre Bel, le patron des sénateurs PS, compte de nouveau sur cette dynamique. "Pour construire une nouvelle majorité, il nous faudrait un solde positif d'une vingtaine de sièges supplémentaires", un objectif qui lui semble réalisable. Mais d'ores et déjà, souligne-t-il, "une progression du nombre de sénateurs de l'opposition serait une victoire, même sans remporter la majorité".
A quelques dizaines de voix près...
Pour Gérard Larcher, le président UMP sortant du Sénat, un coup de tonnerre politique avec une victoire de la gauche n'est pas certain du tout. "C'est un résultat qui se jouera dans quelques départements à quelques dizaines de voix près", souligne-t-il. Mais "la majorité sénatoriale est plus large que la majorité présidentielle". Il prévoit des gains de sièges dans le Loiret, la Manche, le Morbihan, l'Indre-et-Loire, par exemple, tout en reconnaissant que la multiplication des listes, en particulier en Ile-de-France peut "affaiblir" le résultat de la droite. A gauche, mais surtout à droite, la difficulté sera en effet de rassembler les voix de son camp, pour éviter la dispersion que peut entraîner les dissidences. "Le scrutin proportionnel en vigueur dans les départements de plus de trois sénateurs nécessite que l'on se rassemble", souligne Gérard Larcher. A Paris, par exemple, l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy à l'Elysée Pierre Charon présente une liste autonome de l'UMP face à la liste de la ministre des Sports Chantal Jouanno.

Pour les socialistes, une victoire au Sénat aurait un impact psychologique très important. Un renversement de majorité au Sénat aurait "une résonance très forte" sur la campagne présidentielle, estime Jean-Pierre Bel. Mais, assure-t-il, "nous n'avons aucune volonté d'obstruction. "Les conditions de préparation de l'élection présidentielle seraient singulièrement modifiées par un changement de majorité au Sénat", reconnaît Gérard Larcher, évoquant "un séisme", même s'il ne sait "pas à quel niveau de l'échelle de Richter le chiffrer".

http://lci.tf1.fr/politique/le-senat-va-t-il-passer-a-gauche-6726219.html

Sénatoriales : tour d'horizon des nouveaux entrants

Dimanche, des élections sénatoriales cruciales se déroulent dans toute la France. A quelques sièges près, l'alliance UMP-Union centriste pourrait perdre ou non la majorité. Portrait de ceux qui, par leur élection, peuvent renouveler la Haute-Assemblée.  

Chantal Jouanno, star du scrutin

Le renouvellement des sièges parisiens du Sénat reste l'élément le plus médiatique de ce scrutin. Pour cause, la majorité s'est déchirée, proposant quatre listes aux grands électeurs – contre une liste de la gauche unie et une liste FN. Outre le conseiller divers droite Serge Federbusch et le centriste Yves Pozzo di Borgo, l'UMP s'est scindée en deux. A charge pour Chantal Jouanno de mener à bien la liste "officielle". La réussite est cruciale, la majorité de la Haute-Assemblée pouvant basculer à quelques sièges près.
La ministre des Sports, certaine d'être élue, a toutefois peiné à convaincre face à la dissidence de Pierre Charon. En cause, le parachutage dans la capitale de cette fidèle de François Fillon, qui pourrait briguer la mairie de Paris en 2014. "Déjà que mathématiquement, du fait des dernières élections, on perd un sénateur; en perdre deux, ce serait beaucoup", a toutefois répété la ministre, qui a rallié sur le tard les plus sceptiques – Rachida Dati, par exemple, "malgré les coups bas" qu'elle a reçues.

Pierre Charon, la dissidence inattendue

Conseiller de Nicolas Sarkozy en 2007, Pierre Charon avait été un peu écarté des affaires de l'Etat depuis deux ans. Au moment de la distribution des rôles pour la liste parisienne de l'UMP, il n'apparaît pas en bonne place. Malgré les menaces de François Fillon, le président du Sénat Gérard Larcher et même de Nicolas Sarkozy, Pierre Charon a donc choisi de déposer sa propre liste. Un schisme qui pourrait coûter le siège de trop à la droite.
Face aux critiques – "voter Charon, c'est voter communiste", a ainsi lâché le patron de la fédération UMP de Paris, Philippe Goujon –, Pierre Charon reste droit dans ses bottes, assurant qu'il a le soutien d'au moins "174 grands électeurs", ce qui lui suffirait à obtenir un siège. Mais s'il est élu, ce sera au détriment du 4e prétendant inscrit sur la liste de Chantal Jouanno, Daniel-Georges Courtois, un proche de François Fillon.

Marie-Noëlle Lienemann, la nomade

Les querelles de la droite parisienne ont redonné de la vigueur à l'opposition. D'autant que le Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon a finalement refusé de s'inscrire en dissidence. La liste "gauche unie", menée par Jean-Pierre Caffet, est donc chargée en personnalités, parmi lesquelles la socialiste Marie-Noëlle Lienemann. Cette ancienne ministre du Logement sous Mitterrand puis sous Jospin n'est pas vraiment ancrée dans la capitale. Nomade, elle a enchaîné les mandats dans l'Essonne, où elle a été conseillère générale à Massy puis député-maire d'Athis-Mons, et dans le Pas-de-Calais, où elle a été eurodéputée et maire-adjointe d'Hénin-Beaumont.

Jean-Vincent Placé, "Richelieu" au Sénat

Peu connu du grand public, Jean-Vincent Placé – le conseiller politique de Cécile Duflot – est à la tête d'une liste d'union regroupant EELV, le PS et le PCF. La partie semble bien engagée pour le "Richelieu des Verts". Le vice-président de la région Ile-de-France devra notamment affronter Serge Dassault, sénateur et ancien maire de Corbeil-Essonnes (UMP). Mais aussi la liste dissidente du socialiste Michel Berson, qui – en position non-éligible dans l'équipe de Placé – a décidé d'y aller de son côté. L'ancien président du conseil général de l'Essonne pourrait ainsi empêcher le candidat PCF d'être élu, au profit de la droite. Ce que regrettent les instances socialistes pour qui la liste EELV-PS-PCF est "la seule à même d'assurer les conditions de la victoire".
L'arrivée au Sénat de Jean-Vincent Placé pourrait être une première étape en vue d'intégrer le gouvernement en cas de victoire de la gauche en 2012. Celui qui a été qualifié de "Coréen national" par Alain Marleix, le spécialiste de la circonscription électorale à l’UMP, s'imagine bien en ministre de l'Intérieur ou du Budget.

Maurice Leroy, après vingt ans d'absence

S'il est élu dimanche, Maurice Leroy pourrait retrouver une maison qu'il connaît bien. L'actuel ministre de la Ville a en effet été secrétaire général au Sénat de 1984 à 1990, pour le compte du… Parti communiste. Depuis, l'élu du Loir-et-Cher a fait du chemin et postule pour un poste de sénateur sous les couleurs du Nouveau centre, mais avec le soutien de l'UMP. Comme pour Chantal Jouanno et Gérard Longuet, la question se pose de son maintien au gouvernement. Si la majorité ne conserve que quelques sièges d'avance, il lui faudra prêter main forte, notamment pour laisser Gérard Larcher au plateau.
Les 937 membres du collège électoral devront choisir entre lui, la proche de François Bayrou Jacqueline Gourault et le socialiste Jeanny Lorgeoux. Mais le pronostic est favorable à Maurice Leroy, qui est déjà président du conseil général.

Yves Jégo voit large

Pour l'ancien secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, qui a quitté l'UMP pour rejoindre la garde rapprochée de Jean-Louis Borloo, ces sénatoriales représentent plus qu'un simple enjeu local. Yves Jégo espère en effet pouvoir créer le premier groupe parlementaire de l'Alliance républicaine écologiste et solidaire (Ares) de Jean-Louis Borloo et Hervé Morin. Maire de Montereau-Fault-Yonne, il était jusqu'à maintenant député de Seine-et-Marne. Lors des législatives de 2007, il avait été réélu avec 63,47% des suffrages, le meilleur score de la majorité au premier tour.
Mais son passage au Sénat ne s'annonce pas de tout repos : alors qu'il va tenter de défaire le communiste Michel Billout, bien ancré dans sa circonscription, Yves Jégo bataille contre une liste UMP... et une liste Nouveau centre, ses alliés pourtant au sein de l'Ares. Sa popularité locale pourrait toutefois lui permettre de l'emporter dans un scrutin d'ores et déjà très serré.