samedi 12 mars 2011

La charge des amis de DSK contre les primaires

Certains au PS veulent les abandonner, d'autres demandent à Hollande, Royal et Aubry de renoncer dès maintenant.


C'est le «paradoxe Dominique Strauss-Kahn» : être ultrafavori mais redouter la bataille. Si le directeur général du FMI, champion de tous les sondages pour 2012, donne tous les signes de son envie d'être le prochain président de la République, ses partisans ont l'air de craindre les primaires socialistes ! Prévues pour octobre, elles sont censées permettre aux sympathisants de gauche de choisir leur candidat. Mais, de plus en plus ouvertement, certains soutiens de DSK militent pour les vider de tout enjeu, voire pour décider leur abandon pur et simple. Ils redoutent que la logique de division, au PS, l'emporte sur le rassemblement.


«Oublions ces primaires dangereuses», préconise le président de la région Bourgogne, François Patriat. Pour lui, il faut en revenir au mode de désignation traditionnel au PS : le vote des seuls militants, avec le moins de candidats possibles. Bref, presque une formalité pour Dominique Strauss-Kahn, «candidat qui s'impose comme le plus solide». Pour les partisans de DSK, le match serait donc joué. Alors, il faudrait en revoir les règles ? «Nous avions décidé les primaires parce que nous avions à la fois un déficit de leadership et des procédures internes contestables. Il faudra que nous analysions la pertinence des primaires dans le contexte des mois à venir», a déclaré mercredi sur Public Sénat le député du Doubs Pierre Moscovici. Sur Internet, le président de la région Paca, Michel Vauzelle (sans être un strauss-kahnien) a lancé une pétition pour l'annulation des primaires.


Ces prises de position traduisent une inquiétude : celle de voir le capital de DSK abîmé lors d'une compétition interne. Or la nouvelle donne politique est caractérisée par la montée du Front national. DSK est en tête dans les sondages et, selon certaines études, il est même le seul à garantir une qualification au second tour. Mais les courbes fléchissent. «S'il n'y a pas de décantation entre les candidats, ce qui est en train d'arriver ne risque pas de s'arrêter», s'inquiète un partisan de DSK.


Mais difficile de renoncer aux primaires, votées par les militants. D'ailleurs le premier cercle des strauss-kahniens - celui de la «parole officielle » - défend une autre ligne. «Il n'y a aucune raison de renoncer aux primaires», explique le député de Paris Jean-Marie Le Guen. S'il comprend «l'inquiétude légitime» de ses camarades strauss-kahniens, il propose une autre solution : dissuader les candidatures qu'il juge inutiles. «Je n'imagine pas que Dominique ait à affronter Martine Aubry ou François Hollande», dit-il. La première secrétaire est censée être liée par un accord avec DSK. Quant au second, «son identité est faible» par rapport au directeur général du FMI, fait valoir Le Guen. Pour les strauss-kahniens, l'ancien premier secrétaire aurait tout à perdre à se présenter. Implicitement, ils lui conseillent de négocier dès maintenant. Même si elle ne représenterait plus une candidature sérieuse, l'argument vaut aussi pour Ségolène Royal, dit-on. Dans l'entourage de DSK, on veut croire qu'ils s'inclineront, malgré leurs dénégations actuelles.


Pression contre détermination : le bras de fer est engagé. Pour les adversaires de Strauss-Kahn, le camp du favori montrerait des signes de fébrilité. Les trois autres prétendants semblent vouloir affirmer leur candidature. Les proches de Ségolène Royal assurent que personne ne pourrait la faire ciller. Les partisans de François Hollande laissent entendre qu'il pourrait se dévoiler après les cantonales. Quant aux soutiens de Martine Aubry, ils disent avoir reçu les «signes» attendus. Mardi soir à l'Assemblée, les partisans de la première secrétaire se sont retrouvés pour la première fois. Une dizaine à l'origine, ils se disent aujourd'hui une soixantaine, soit un tiers du groupe parlementaire.


À la direction du PS, on est catégorique. «Il est hors de question de renoncer aux primaires» explique le bras droit d'Aubry, François Lamy : «Quel que soit le candidat, elles seront un booster évident» pour la présidentielle. Mais le député de l'Essonne admet aussi que «certains devront se poser la question» de leur candidature si celle-ci ne semble pas en mesure de déboucher sur une victoire en 2012.


http://www.lefigaro.fr/politique/2011/03/10/01002-20110310ARTFIG00774-la-charge-des-amis-de-dsk-contre-les-primaires.php
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