mardi 12 avril 2011

Nicolas Hulot, trop populaire pour être compétent ?

La popularité fait naître la jalousie. Cela est vrai, en politique plus qu'ailleurs. Les Verts l'ont montré plusieurs fois. Le parti écologiste est en passe de le refaire une nouvelle fois. Chez Europe Écologie Les Verts, un homme se veut très populaire et une femme un peu moins. De fait, 60% des Français souhaitent que Nicolas Hulot représente EELV en 2012, 28% préfèrent Eva Joly (sondage Ifop pour Sud Ouest Dimanche du 3 avril 2011). Les deux ambitionnent pourtant de porter les couleurs du parti lors de la prochaine élection présidentielle. Aussi, les deux personnages ont beau être du même camp, les piques se répondent avec la même fréquence que tourne une éolienne.
Dernière salve lundi, avec Eva Joly accordant une interview à La Voix du Nord. L'ancien magistrat a d'abord loué l'action de Nicolas Hulot. « Son arrivée me fait plaisir, a-t-elle assuré. C'est pour nous un atout. » Un atout quelque peu encombrant, pourtant. Et Eva Joly a donc critiqué son rival sous l'angle de la popularité, un domaine où elle-même est, pour l'heure, inattaquable. « Contrairement à moi, Nicolas Hulot est une machine médiatique, a lancé Eva Joly. Je ne sais pas si je comblerai ce déficit, mais je pense qu'il y a une différence entre la notoriété et le bulletin qu'on choisit dans l'isoloir. »

Et l'ancien juge d'instruction de comparer le présentateur de TF1 à un « oncle très populaire que tout le monde aime bien », comme on croise souvent dans les familles, « aux déjeuners du dimanche ». « Mais si vous avez des problèmes personnels ou des conseils à obtenir pour l'avenir de vos enfants, il n'est pas sûr que vous vous tourniez vers lui, a poursuivi Eva Joly. Ce sont deux choses différentes. » Reste que la popularité est sans doute un mal nécessaire. « Comme Nicolas et moi suscitons l'intérêt des médias, les projecteurs vont être tournés sur nos visions, a-t-elle remarqué. C'est un bien pour le mouvement. »

La ritournelle est de toute façon connue. Dans l'imagerie politique, populaire ne peut rimer avec compétence. En France, Ségolène Royal notamment en a fait les frais en 2007, sa notoriété d'alors suscitant la méfiance comme l'ironie des politiques. Plus récemment, c'est aux États-Unis que la théorie a été reprise. Lors de la dernière élection présidentielle, John McCain avait attaqué Barack Obama sur ce terrain, se demandant au travers d'un spot publcitaire si « la plus grande célébrité du monde » était vraiment prête à diriger le pays. On connaît la suite.
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