Dernière salve lundi, avec Eva Joly accordant une interview à La Voix du Nord. L'ancien magistrat a d'abord loué l'action de Nicolas Hulot. « Son arrivée me fait plaisir, a-t-elle assuré. C'est pour nous un atout. » Un atout quelque peu encombrant, pourtant. Et Eva Joly a donc critiqué son rival sous l'angle de la popularité, un domaine où elle-même est, pour l'heure, inattaquable. « Contrairement à moi, Nicolas Hulot est une machine médiatique, a lancé Eva Joly. Je ne sais pas si je comblerai ce déficit, mais je pense qu'il y a une différence entre la notoriété et le bulletin qu'on choisit dans l'isoloir. »
Et l'ancien juge d'instruction de comparer le présentateur de TF1 à un « oncle très populaire que tout le monde aime bien », comme on croise souvent dans les familles, « aux déjeuners du dimanche ». « Mais si vous avez des problèmes personnels ou des conseils à obtenir pour l'avenir de vos enfants, il n'est pas sûr que vous vous tourniez vers lui, a poursuivi Eva Joly. Ce sont deux choses différentes. » Reste que la popularité est sans doute un mal nécessaire. « Comme Nicolas et moi suscitons l'intérêt des médias, les projecteurs vont être tournés sur nos visions, a-t-elle remarqué. C'est un bien pour le mouvement. »
La ritournelle est de toute façon connue. Dans l'imagerie politique, populaire ne peut rimer avec compétence. En France, Ségolène Royal notamment en a fait les frais en 2007, sa notoriété d'alors suscitant la méfiance comme l'ironie des politiques. Plus récemment, c'est aux États-Unis que la théorie a été reprise. Lors de la dernière élection présidentielle, John McCain avait attaqué Barack Obama sur ce terrain, se demandant au travers d'un spot publcitaire si « la plus grande célébrité du monde » était vraiment prête à diriger le pays. On connaît la suite.
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