samedi 10 septembre 2011

Primaires PS : rappelée à l'ordre, Ségolène Royal se justifie

Ségolène Royal se justifie, deux fois en quelques heures. Très critique vis-à-vis de deux de ses rivaux à la primaire PS, jeudi dans une interview au Figaro, Ségolène Royal estime vendredi dans 20 Minutes que ces primaires sont "totalement aseptisées". Une manière pour elle d'expliquer ses propos publiés par Le Figaro, dans lequel elle critiquait ouvertement Martine Aubry et François Hollande. "Le point faible de François Hollande, c'est l'inaction", déclarait-elle jeudi selon Le Figaro. "Est-ce que les Français peuvent citer une seule chose qu'il aurait réalisée en trente ans de vie politique ? Une seule ?" Quant à la maire de Lille, "sa seule expérience électorale, c'est une législative perdue en 2002. Passer de rien à une campagne présidentielle, ce n'est pas facile". Ces critiques ont provoqué des réactions de François Hollande et dans le camp Aubry.
Jeudi soir, Ségolène Royal avait tempéré ses propos sur BFMTV en expliquant qu'elle n'avait "donné aucune interview au Figaro", accusant le quotidien d'avoir publié "des phrases sorties de leur contexte" pour "essayer de dresser les socialistes les uns contre les autres". "Je suis très étonnée qu'on fasse des extraits d'un journal avec lequel j'ai pu parler de façon informelle en disant, et des choses très positives sur les socialistes, et quand on m'interroge sur nos qualités et sur nos défauts, j'ai répondu de façon franche", expliquait-elle jeudi soir. "Je demande à être respectée comme je respecte les autres", avait-elle poursuivi.

"Là, c'est du dénigrement"

Dans 20 Minutes vendredi, Ségolène Royal défend pourtant, et cette fois-ci bien en interview, sa ligne de conduite et ses commentaires sur ses deux adversaires, qui sont selon elles des "faits". "Si on fait de la politique, on doit dire les réalités, y compris dans un débat où on oppose les personnalités et les compétences de chacun. Chacun doit s'expliquer sur ce qu'il est, ce qu'il fait. On me reproche d'être incompétente, je réponds: regardons les actes. (...) Quand on a à dire quelque chose, il faut le dire sans que cela provoque des cris d'orfraies. En revanche je ne critique pas les propositions. Quand Martine Aubry fait des annonces sur la culture, ce n'est est pas moi qui l'ai critiquée, c'est François Hollande. Là, c'est du dénigrement".

Dans sa recommandation, la Haute Autorité des primaires rappellait jeudi "aux candidats les prescriptions de la charte éthique qui gouverne les primaires" soulignant que "celle-ci prohibe tout dénigrement de la personne des candidats". "Ceci doit aussi s'entendre comme s'appliquant à tout propos péjoratif sur les parcours politiques des uns et des autres", précisait-elle. Me Jean-Pierre Mignard, porte-parole de la Haute Autorité, avait précisé avoir publié sa recommandation "à la suite des déclarations de Ségolène Royal contre Martine Aubry et François Hollande et du début de polémique qui s'est engagé après".
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