L'ambiance était crispée mardi après-midi dans l'Hémicycle. Face aux députés, François Fillon est revenu sur la menace de Standard & Poor's, qui prévoit de mettre sous surveillance les 17 pays de la zone euro. "L'avertissement envoyé par une agence de notation hier est un avertissement collectif, qui concerne tous ces pays", a lancé le Premier ministre, citant notamment l'Allemagne ou les Pays-Bas. "On peut le juger inopportun, on peut considérer qu'il est excessif... On peut souligner à l'infini le décalage entre le mode de raisonnement, immédiat et brutal, des marchés, et celui des Etats", a poursuivi le locataire de Matignon. Mais selon lui, "la question n'est pas là, et au demeurant, je n'indexe pas notre intérêt national et l'intérêt de l'Europe sur les seuls experts".
Et de donner son interprétation de cet avertissement : "Ce que nous dit cette agence est clair. Pour les investisseurs, la zone euro et l'Europe ont besoin d'un cadre politique rigoureux, structuré, efficace, capable sur le moyen et long terme de tenir ses engagements". Le chef du gouvernement ajoute : "D'une certaine façon, c'est un appel à une gouvernance politique et économique plus solide, et notre réponse est sans ambiguïté : c'est l'accord franco-allemand élaboré hier (lundi) par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel", a-t-il assuré.
"Toujours plus d'austérité pour les peuples"
Temporiser la menace de la perte du triple A donc mais aussi défendre la gestion française du budget. "Nos engagements budgétaires sont intangibles et le gouvernement fera tout pour les respecter", a ainsi promis François Fillon, pour mieux répondre aux craintes de l'agence de notation. "En tout état de cause, comme le reconnaissent les agences de notation elles-mêmes, notre gouvernement a démontré sa réactivité et sa capacité à s'ajuster à toutes les circonstances", a encore argué le Premier ministre.
Un discours qui a fait monter l'opposition au créneau. Au lendemain de l'annonce d'un accord conclu entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, Jean-Marc Ayrault a déploré qu'il y ait "toujours plus d'austérité pour les peuples et toujours rien contre les attaques des spéculateurs", fustigeant un accord qui n'a "même pas" regagné la confiance des marchés. Pour lui, "austérité et sanctions ne peuvent constituer l'avenir indépassable des peuples européens", a-t-il lancé, avant de questionner : "Quel est aujourd'hui le poids de la France? Quel est son crédit? Pourquoi Nicolas Sarkozy est-il contraint de suivre Angela Merkel sans obtenir de véritables contreparties?". De quoi relancer, à nouveau, la polémique déjà bien entamée sur la relation franco-allemande.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire