Pour le sénateur de Belfort, le chef de file socialiste «est un bon candidat par temps calme».
Chevènement explique qu'il a «dépassé les 250 signatures», même si personne n'imagine qu'il ira jusqu'au bout de sa démarche. Il traite le candidat socialiste avec un brin de condescendance quand il dit: «C'est un homme intelligent. On peut l'aider à se mettre à la hauteur.» Ou encore: «Hollande est un bon candidat par temps calme.» Il reproche à son équipe d'être «monocolore», lui qui avait vivement combattu le traité de Maastricht aux côtés de Philippe Séguin. Mais il prend soin de rendre hommage à François Hollande en jugeant notamment qu'il a «tout à fait raison» de vouloir renégocier le traité européen. Au PS, on se garde bien de l'attaquer. Jean-Marc Ayrault, le conseiller politique du candidat PS, estime que Chevènement «sait très bien parler de la France et de la République, et poser les bonnes questions. C'est à nous d'y répondre».
Au Sénat, inscrit au groupe RDSE, l'ancien ministre de la Défense considère que le PS «l'ignore superbement» et lui a fait «une mauvaise manière» en ne lui donnant pas la présidence de la commission des affaires étrangères «comme on me l'avait proposée» affirme-t-il. Bien décidé à afficher son indépendance d'esprit, Chevènement n'a pas pris part au vote de la proposition de loi emblématique Verts-PC visant à octroyer le droit de vote aux étrangers extracommunautaires aux élections locales. «Ce débat n'avait ni queue ni tête. La citoyenneté ne se découpe pas en tranches. Beaucoup d'élus pensent comme moi. Ils ne veulent pas être à la merci de votes plus ou moins ethniques aux élections municipales», déclare-t-il au Figaro.
Une autre conception de l'Europe
Le président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC), qui avait été accusé par les socialistes d'avoir participé au séisme du 21 avril 2002, en obtenant 5,3 % des voix au premier tour, a appris à devenir prudent. Il y a cinq ans, le «Che» avait passé son tour. Plus précisément, il avait annoncé sa candidature sur TF1 le 6 novembre 2006, avant de la retirer le 10 décembre, au prix d'un accord signé entre le PS et le MRC, portant sur dix circonscriptions réservées à son mouvement, dont la sienne à Belfort. Mais les temps ont changé et il fustige aujourd'hui «les alliances partisanes».En campagne, Chevènement défend une autre conception de l'Europe. Son «plan B»: transformer la monnaie unique, qu'il qualifie de « vice », en monnaie commune, consulter le peuple français par référendum sur le projet de traité signé à Bruxelles, promouvoir une Europe confédérale, et préserver la souveraineté budgétaire et financière de la France.
http://www.lefigaro.fr/politique/2011/12/15/01002-20111215ARTFIG00648-les-doutes-de-chevenement-sur-hollande.php
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