L'accord électoral entre le PS et les Verts en vue des législatives passe toujours aussi difficilement à gauche, et notamment auprès des élus PS mis en demeure de réserver certaines circonscriptions à des élus d'Europe Ecologie-Les Verts. Arnaud Montebourg sonne la charge : l'ex-candidat à la primaire socialiste et président du conseil général de Saône-et-Loire a déclaré jeudi sur France 3 Bourgogne qu'il refusait d'appliquer l'accord PS/EELV lors des prochaines législatives quitte à être exclu de son propre parti.
C'est un acte de résistance par rapport à des accords politiques concoctés sur un coin de table à Paris entre deux appareils politiques, dont le nôtre", a-t-il justifié. "Nous ne sommes pas d'accord et toutes les forces de la fédération sont rassemblées et unifiées autour de cette perspective de résistance". Et en cas de sanction politique, "ça ne me gênerait pas d'être exclu du PS. Je crois que j'ai suffisamment donné à ce parti, je l'ai fait suffisamment progresser. Nous allons supporter notre candidat, notre candidate dans le Charolais-Brionnais comme nous l'avons toujours souhaité".
"Des gros coups de canif dans l'accord"
Selon l'accord PS/EELV, la deuxième circonscription de Saône-et-Loire, actuellement détenue par l'UMP Jean-Marc Nesme, est réservée à un candidat d'Europe Ecologie-Les Verts. D'après Arnaud Montebourg, il devrait donc y avoir également un candidat socialiste.
Catherine Hervieu, membre du conseil fédéral EELV et élue municipale à Dijon, a dénoncé cette prise de position. "Comment peut-on construire une dynamique de rassemblement et de victoire quand on met en permanence des gros coups de canif dans cet accord ?", s'est-elle interrogée. Aux yeux de la présidente des élus EELV à la mairie de Dijon, derrière cet "acte de "résistance" d'Arnaud Montebourg, se dissimulent d'autres préoccupations : il s'agit aussi pour lui, estime-t-elle, de "caresser les salariés du nucléaire dans le sens du poil". Quant à Benoit Hamon, il s'est insurgé sur LCI contre les termes utilisés par l'élu frondeur pour dénoncer les termes de l'alliance PS/EELV. "Ce n'est pas un accord de coin de table, c'est un accord politique", a-t-il réagi vendredi. "Quand on appartient à un parti, on met en oeuvre les choix de ce parti, il y a parfois des concessions à faire", a-t-il ajouté. "Arnaud Montebourg ne sera pas exclu, c'est bien parce qu'il le sait qu'il en parle".
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