Pour François Hollande, l'école est un lieu clé : un symbole de "l'échec", à ses yeux, de la politique de Nicolas Sarkozy, et un axe de reconquête idéal pour la gauche. Tous les thèmes s'y croisent : celui de la violence, que le candidat socialiste accuse l'actuel président de n'avoir pas su enrayer ; celui de la gestion des effectifs de la fonction publique ; celui de l'éducation, bien sûr, élément fondamental d'un "ascenseur social" aujourd'hui cassé. Le souhait de François Hollande de créer 60.000 postes supplémentaires dans l'Education nationale a déjà alimenté les flèches de la droite, quand Nicolas Sarkozy martèle qu'il veut "moins de profs, mais mieux payés" ; une semaine après les voeux du président au monde de l'Education, au cours desquels Nicolas Sarkozy avait prôné une "redéfinition du métier d'enseignant" et remis en cause le principe du collège unique, c'est depuis Pierrefitte, en Seine-Saint-Denis, que le candidat socialiste à l'Elysée a proposé des mesures pour lutter contre la violence et le décrochage scolaires.
François Hollande était venu rencontrer des associations de soutien aux élèves. Il a notamment suggéré de "revoir le mode d'affection des personnels" pour éviter que des enseignants débutant dans le métier se retrouvent placés d'emblée dans les zones les plus dures, c'est-à-dire celles où les élèves ont le plus besoin de soutien. "Il conviendra d'affecter, dans les établissements qui peuvent être concernés par les phénomènes de difficultés sociales, des personnels ayant de l'expérience", a dit le député de Corrèze.
"Ne pas laisser un professeur seul"
Autres propositions : "augmenter le nombre des adultes dans les établissements les plus difficiles", intégrer, dans la formation initiale qui sera "restaurée", des "modules pour gérer les conflits". Autant d'éléments qui devraient permettre aux enseignants d'être mieux armés face à la violence. François Hollande prône aussi le travail en équipe pour "ne pas laisser un professeur seul. Nous avons besoin d'équipes, de lien entre les enseignants, les associations, les assistantes sociales, les médiateurs. Face aux phénomènes de violence", il faut "agir avec tous les personnels concernés : école, justice, police. C'est un travail de coproduction pour qu'il y ait compréhension de la situation et intervention communes".
Il veut dans les établissements difficiles des fonctionnaires de l'éducation nationale spécialement formés, et qui travailleront sous l'autorité du chef d'établissement. Il convient enfin, selon le champion socialiste, "d'améliorer la prise en charge des élèves présentant des troubles ou des comportements qui peuvent les mettre en rupture". Et de dire : "Je prends l'engagement" qu'aucun élève ne sera "laissé à lui-même". Qualifiant enfin le décrochage de "gâchis formidable", il a observé que si le nombre de violences augmente à l'école, 5% des établissements concentrent un tiers des incidents.
1 commentaire:
Combien de fois entendues toutes ces promesses !!!
Bonne journée Francis
Bizzz Anne
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