dimanche 8 janvier 2012

Taxes sur les transactions financières : pour Borloo, "il ne faut pas attendre"

C'est son cheval de bataille, il donne de la voix sur le sujet. Alors que le Royaume-Uni et l'Allemagne ont exprimé leurs très grandes réticences (Transactions financières : Paris veut une taxe, Berlin ne suit pas), Jean-Louis Borloo a estimé qu'il ne fallait "pas attendre" pour mettre en place la taxe sur les transactions financières. "Cela fait deux ans que je me bats pour cette taxe. J'ai déposé une proposition de loi en ce sens le 10 décembre. Je demande solennellement au Premier ministre de l'inscrire en urgence à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale pour qu'elle soit votée immédiatement", a déclaré le président du Parti radical lors d'une interview sur France 3 Nord/Pas-de-Calais samedi.
Interrogé sur les réserves européennes, le président du Parti radical a répliqué que "si on attend le dernier qui a envie, on ne risque pas d'avancer". "Nous sommes capables de mettre en place cette mesure, qui rapporterait 12 milliards" d'euros, a-t-il affirmé. Selon lui, sa proposition de loi a déjà recueilli la signature de 89 députés UMP. "Comme toute la gauche, ou quasiment, sera pour, elle pourrait donc être votée à l'unanimité", a estimé Jean-Louis Borloo. Dans sa proposition de loi intitulée "paquet de justice fiscale", il prévoit à l'article 4 l'instauration d'une taxe sur les transactions financières dont le taux serait fixé "par décret en Conseil d'Etat, dans la limite maximum de 0,5% du montant des transactions" sur "titres et sur contrats financiers français".
Réserves sur la TVA sociale
La proposition de loi prévoit que, "selon les modalités définies par la loi de finances, et pour l'année 2012, le produit de la taxe est affecté au budget général de l'Etat". "Ces dispositions sont révisées lors de l'examen du projet de loi de finances pour 2013", est-il également précisé. "Nous avons besoin d'un grand virage social. J'en avais fait part au président de la République il y a près d'un an et demi. Cela n'a pas été le choix à l'époque du président. Et j'observe aujourd'hui que 13, 14, 15 mois plus tard, on fait le grand rendez-vous social et de l'emploi le 18 janvier. Ce sont les mystères des rythmes et des calendriers", a ironisé sur France 3 M. Borloo. "Je m'en réjouis. Je trouve que c'est tardif, mais je m'en réjouis", a-t-il ajouté.

Concernant la TVA sociale, "compte tenu de la situation actuelle, je suis très prudent et très réservé" sur cette proposition, a déclaré M. Borloo, lors de l'émission "La Voix est libre". Reconnaissant que les entreprises françaises souffrent d'un "problème de compétitivité", l'ex-numéro deux du gouvernement Fillon, a estimé que "la question de fond, ce n'est pas la TVA, ce sont les charges sociales qui pèsent sur le travail". "On a là un furieux problème", a-t-il dit. "Est-ce qu'il faut réduire les charges sociales? Oui. Est-ce que c'est par la TVA? Compte tenu de la situation actuelle, je suis plus prudent. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, je reste assez prudent là-dessus", a souligné Jean-Louis Borloo, évoquant plutôt l'hypothèse d'une hausse de la CSG ou l'instauration d'une taxe écologique

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