Dans une tribune publiée dans Les Echos le 7 octobre dernier et intitulée "Oui, la TVA sociale est une mesure de gauche", il s'insurgeait aussi contre ceux qui s'opposaient à sa création : "Mais à peine la TVA est-elle évoquée dans nos rangs que j’entends les uns convoquer l’"injustice" et les autres jouer l’indignation. Pourtant s’il est une mesure capable de mener à bien l’Etat sur la voie du désendettement et de la maîtrise de ses déficits, c’est bien la TVA".
La TVA sociale "n'a pas de sens"
Une situation embarrassante pour celui qui doit désormais assumer son rôle d'opposant à cette taxe, comme le fait tout le reste de l'équipe de François Hollande. Alors, quand il est interrogé sur sa position sur la TVA sociale, le malaise est palpable. Lundi matin, interrogé sur le souhait de Nicolas Sarkozy de relancer la TVA sociale sur le plateau des Quatre vérités de France 2, le député-maire d'Evry est resté évasif. "Le président de la République va beaucoup parler parce qu'il est candidat. Il va essayer de faire croire aux Français – et je crois qu'ils ne sont pas dupes – qu'en quatre mois, il peut faire ce qu'il n'a pas fait en quatre années et demi. Personne ne va le croire", a ainsi argué Manuel Valls.
Alors pour ou contre la TVA sociale? "Aujourd'hui, elle n'est pas applicable, elle n'a pas de sens", a-t-il estimé, avant de balayer : "Aujourd'hui, parlons d'abord de l'augmentation de la TVA de 5,5 à 7%. Parlons des taxes qui frappent les Français". Sauf qu'il plaidait lors de la primaire socialiste pour l'augmentation d'un point de la TVA (réduite, Ndlr) à 19,6% et à 5,5%, à l'exception des produits de première nécessité. Il arguait aussi, toujours dans la tribune aux Echos : "Rejeter toute augmentation de la TVA, sans rechercher d’autres marges de manœuvre immédiates constituerait alors une faute économique et politique". Mais en l'espace d'un mois et demi - durant lequel il est passé du statut de candidat outsider à celui de directeur de la communication de François Hollande - Manuel Valls semble avoir revu sa position.
Un changement d'avis qui donne des armes à la droite pour attaquer le camp socialiste. L'UMP n'a d'ailleurs pas tardé à souligner ces contradictions, par la voix de Bruno Beschizza, secrétaire national du parti majoritaire : "Aujourd’hui Manuel Valls, directeur de la communication de François Hollande a perdu ses convictions et son courage, à l'instar de son candidat et de son incapacité à assumer qui l’amène si souvent à renoncer et à se renier."
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