samedi 25 février 2012

Sarkozy-Hollande, duel sur le terrain de l'emploi

Hasard du calendrier ou stratégie politique? Les deux candidats à la présidentielle en tête des sondages étaient tous les deux en déplacement, vendredi, au coeur de sites industriels parmi les plus touchés par la crise. Dans la matinée, Nicolas Sarkozy, qui a affirmé venir en tant que chef de l'Etat et non comme candidat de l'UMP, se trouvait face aux salariés de Petroplus à Petit-Couronne, en Seine-Maritime. François Hollande avait lui choisi d'aller à la rencontre des ouvriers du site d'ArcelorMittal à Florane, en Lorraine.

Et pour les deux hommes, ces visites étaient synonymes d'annonce. A Petit-Couronne, Nicolas Sarkozy a confirmé aux salariés qu'un accord avait été trouvé avec Shell. "Je suis quelqu'un de parole, c'est signé", a-t-il déclaré. Il a ainsi annoncé que les 50 millions d'euros nécessaires pour faire repartir la raffinerie allaient être débloqués. L'Etat et Shell débourseront chacun 20 millions d'euros, les 10 millions restants étant couverts par des avances au titre des quotas d'émissions de CO2. Enjeu du contrat: permettre à la raffinerie de distiller du pétrole brut appartenant à Shell, ancien propriétaire du site, pour lui fournir de l'essence et du gas-oil.

Reprise de l'activité "courant mai"

"Je ne dis pas que ça sauve la raffinerie mais ça donne du boulot pour six mois", a néanmoins ajouté le président. Puisque l'accord avec Shell ne permettra qu'une reprise temporaire de l'activité. "Il faut maintenant qu'on se batte sur le plus difficile qui est le repreneur", a avancé le président. Car du côté des 550 salariés de Petroplus, on se montre plus intéressé par une solution à long terme qui permettrait de sauver tous les emplois. La raffinerie est à l'arrêt depuis début janvier, peu après le gel par les banques des lignes de crédit de la maison mère Petroplus. Fin janvier, elle a été placée en redressement judiciaire pour six mois par le tribunal de commerce de Rouen.

Nicolas Sarkozy a également souligné que le Parlement allait examiner, dès la semaine prochaine, un texte visant à empêcher le détournement d'actifs d'une entreprise défaillante, comme c'est le cas pour Petroplus. Le groupe suisse a lui confirmé que son activité à Petit-Couronne reprendre "courant mai". "Les travaux de remise en marche des unités prendront 8 à 10 semaines", a-t-elle expliqué.
Hollande veut une loi pour céder des unités de productions
Cornes de brume, feux de begale, bousculade...L'accueil du candidat socialiste à Florange a été plus survoltée. François Hollande est même monté sur un camion syndical où il s'est dit heureux d'être parmi les sidérurgistes. Et contrairement à sa dernière visite du mois de janvier, pendant laquelle il avait dit réfléchir à un "outil législatif" anti-fermeture d'usine, le candidat socialiste s'est présenté face aux ouvriers avec "des engagements". "Je ne veux pas me retrouver dans la situation d'être élu sur une promesse et ne pas revenir parce qu'elle n'aurait pas été tenue", a-t-il déclaré, en référence aux "promesses non tenues" de Nicolas Sarkozy au site de Gandrange.
Les hauts fourneaux du site de Florange sont à l'arrêt depuis octobre dernier. "Si Mittal ne veut plus de vous", a lancé François Hollande, "s'il n'est animé que par des intérêts financiers et non industriels, alors même qu'il avait dit qu'il venait comme industriel", "je suis prêt à ce que nous déposions une proposition de loi". Son contenu? Rendre obligatoire la cession des unités de production. "Quand une grande firme ne veut plus d'une unité de production et ne veut pas non plus la céder, nous en ferions une obligation pour que les repreneurs viennent et puissent donner une activité", a-t-il expliqué perché sur le camion des syndicalistes. Et cette loi verra le jour, peu importe l'issue de la présidentielle. Il a ainsi affirmé que la proposition serait déposée dès lundi

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