samedi 19 mai 2012

Hollande à Washington : le retrait d'Afghanistan "n'est pas négociable"

Top départ pour la première visite officielle de François Hollande aux Etats-Unis. Le nouveau président de la République français est arrivé vendredi à Washington avec en introduction de ce voyage un entretien avec le président américain Barack Obama dans le Bureau ovale de la Maison Blanche. Une visite en forme de marathon puisque dans la soirée devait également s'ouvrir un sommet du G8 à Camp David. Ce avant une réunion des membres de l'Otan à Chicago qui doit débuter dimanche.
Quoiqu'il en soit, cette première rencontre entre les deux présidents était essentiellement placée sous le signe des enjeux économiques auxquels sont confrontés Européens et Américains, avec en ligne de mire la mise en place d'une nouvelle stratégie pour lutter contre la crise de la dette qui sévit dans la zone euro. A ce titre, au sortir de cette première entrevue, qui a duré un peu plus d'une heure, François Hollande a fait état de "convergence" avec son homologue américain sur la question de la croissance. "Sur la croissance, le président Obama a pu marquer une convergence" de vues avec la France, a déclaré le président Hollande, en soulignant également que les deux hommes avaient "la même conviction que la Grèce doit rester dans la zone euro".
De son côté, Barack Obama a indiqué devant son homologue que le sommet du G8 prévu dans la soirée à Camp David, près de Washington, allait évoquer des moyens énergiques pour soutenir la croissance dans le monde. Les Américains "chérissent profondément" leur relation avec la France, a par ailleurs déclaré M. Obama à son hôte, tandis que M. Hollande a estimé "très important que je puisse affirmer l'importance que joue la relation entre la France et les Etats-Unis". "Entre la France et les Etats-Unis, il y a des causes que nous partageons", a-t-il dit.
Retrait d'Afghanistan
Un autre sujet "brûlant" a également été évoqué : l'Afghanistan. Avec notamment la volonté affichée par François Hollande de rapatrier les quelque 3000 soldats français actuellement sur le théâtre d'opération. Si cette fois, il n'a pas été fait état de "convergence" de point de vue, François Hollande a dit avoir "rappelé" à Barack Obama sa "promesse" de retirer les troupes de combat françaises d'Afghanistan à la fin de l'année. "J'ai également précisé qu'il y aurait toujours un soutien sous une autre forme", a ajouté M. Hollande. Plus tard dans la soirée, François Hollande a tenu une conférence de presse avant le début du G8. L'occasion de réaffirmer que sa décision de retirer les troupes françaises combattantes d'Afghanistan à la fin 2012 n'était "pas négociable".
Sur ce sujet précis, les Etats-Unis tiennent à marquer leur inquiétude en filigrane face au nouveau pouvoir en place à Paris. Ainsi, dans une interview au Figaro à paraître samedi, Jim Townsend, sous-secrétaire d'Etat américain à la défense chargé de l'Otan, estime que François Hollande "va devoir réfléchir au rôle qu'il veut voir jouer par la France dans l'Otan". Quoiqu'il en soit, la question de l'Afghanistan doit être largement évoquée lors du sommet de l'Otan qui se tiendra lundi et mardi à Chicago. C'est d'ailleurs à cette occasion que François Hollande doit officialiser le retrait des troupes françaises.

Après cette rencontre à la Maison Blanche, le sommet du G8 devait démarrer par un dîner de travail consacré en particulier au dossier nucléaire iranien, avant la reprise des discussions de la république islamique avec le "groupe des six" à Bagdad.

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