Ne le cherchez pas sur les marchés à côté d’un candidat en campagne pour les législatives : Bertrand Delanoë n’est pas là. Selon nos informations, le maire de Paris serait actuellement dans sa maison… à Bizerte, en Tunisie. « Il est parti le jeudi, le lendemain de l’annonce du gouvernement », rapporte un proche.
A l’Hôtel de Ville, dans son entourage, on refuse catégoriquement d’indiquer où se trouve le maire de Paris. « Il est tout à fait actif. Il est disponible et totalement joignable », se borne à répondre son porte-parole. Joignable, il l’est indéniablement. Son adjoint chargé de la culture, Christophe Girard, qui tente actuellement de convaincre Bertrand Delanoë qu’il peut cumuler le poste de maire d’arrondissement du IVe et celui d’adjoint, a eu le maire de Paris en ligne. Mais aucun rendez-vous « de visu » n’est programmé entre les deux hommes dans les prochains jours. Et, lorsque l’on regarde l’agenda du maire de Paris, celui-ci est totalement vide du 18 au 27 mai. « Une dizaine de jours d’absence en pleine campagne électorale, ça ressemble à une grosse bouderie », sourit un élu socialiste.
Bertrand Delanoë a-t-il pris la poudre d’escampette, vexé de ne pas avoir intégré le gouvernement de Jean-Marc Ayrault ? Son nom avait été avancé pour le poste de ministre de la Justice. Le poste de la Culture aurait aussi été évoqué. Et, finalement, rien. A l’Hôtel de Ville, les rumeurs vont bon train. Certains affirment que Bertrand Delanoë souhaite coûte que coûte honorer son mandat de maire jusqu’en 2014 et que l’entrée au gouvernement ne l’intéressait pas. D’autres prétendent au contraire qu’il tenait au Quai d’Orsay (finalement dévolu à Laurent Fabius) et aurait trop attendu pour dire oui au ministère de la Justice. D’autres encore rapportent qu’il a refusé la Culture. « Mercredi après-midi, il avait l’air totalement détendu. Et pourtant, il savait déjà qu’il n’allait pas au gouvernement », raconte une source à l’Hôtel de Ville, réfutant ainsi une quelconque bouderie. L’intéressé, lui, reste silencieux. Bertrand Delanoë s’est simplement fendu d’un communiqué après l’annonce de la composition du gouvernement pour saluer la nomination de trois élues parisiennes (George Pau-Langevin, Dominique Bertinotti et Yamina Benguigui). Peut-être donnera-t-il sa version des faits à son retour. En attendant, il doit gérer une autre urgence : la fuite des « cerveaux » de l’Hôtel de Ville. Après son directeur de cabinet, Nicolas Revel, parti à l’Elysée, d’autres départs sont annoncés.
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