Qui pourra partir à 60 ans
?
Lors de la campagne présidentielle, François
Hollande s'était engagé à la rétablir pour les personnes ayant
commencé à travailler à 18 ans et ayant cotisé les 41 années nécessaires (puis
41,5 ans en suivant l'évolution prévue par la loi de 2010). Ceux ayant commencé
à travailler avant 18 ans bénéficient déjà du dispositif "carrières longues"
leur permettant de partir à 60 ans voire avant. Mais ceux ayant travaillé à
partir de 20 ans - et qui n'auront donc pas cotisé 41 ans à l'âge de 60 ans -
seront exclus du décret.
Qu'est-ce qui sera pris en
compte ?
La réponse à cette question fait débat entre le gouvernement et
les partenaires sociaux. Dans le cadre d'un départ à la retraite (à 62 ans), les
périodes de chômage, de maladie et de maternité sont prises en compte, comme des
périodes cotisées.
Mais dans le cadre du dispositif "carrières longues" (ceux
ayant commencé à travailler avant 18 ans), les périodes de chômage et les
majorations pour enfants sont exclues. On parle alors de périodes "validées".
Les périodes de maladie, de maternité ou d'incapacité à la suite d'un accident
de travail peuvent être considérées comme les périodes cotisées, mais dans la
limite de quatre trimestres. Ce à quoi peut être ajouté le service militaire,
toujours dans la limite de quatre trimestres.
C'est sur ce dispositif que le gouvernement pourrait se baser
pour le décret attendu dans trois semaines. La ministre des Affaires sociales,
Marisol Touraine, avait de son côté expliqué le 18 mai que "les congés
maternité (seraient) évidemment comptabilisés dans cette période-là, de même que
les périodes de service militaire" et "les périodes de maladie, dans
certaines limites". Mercredi, la porte-parole du gouvernement, Najat
Vallaud-Belkacem, a indiqué que la prise en compte des périodes de chômage sera
décidée lors d'une concertation.
Combien de personnes en profiteront ?
Pendant la campagne, l'équipe de François
Hollande évoquait un chiffre de 130.000 à 150.000 personnes par an.
Mercredi, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a avancé 100.000 personnes la
première année.
Combien cela va coûter ?
Le gouvernement a calculé un coût d'un milliard d'euros par an,
soit 5 milliards d'ici à 2017. La mesure serait financée par une hausse de 0,1%
par an (soit 0,5% au bout de cinq ans) des cotisations patronales et salariales.
L'UMP juge le coût plus important, Bernard Accoyer évoquant "20 milliards
(d'euros) en 2018". La patronne du Medef, Laurence Parisot, évalue la
mesure à 2 milliards d'euros par an à partir de 2017.
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