dimanche 20 mai 2012

Rigueur, croissance : Obama et Hollande alliés face à Merkel ?

Au lendemain de la première rencontre entre Barack Obama et François Hollande à l'occasion du G8, un point fait relativement consensus entre les éditorialistes : la plupart d'entre eux pensent qu'il y a au moins convergence sur la croissance entre les deux présidents. Ce qui les éloigne tous deux de la position prônée par Angela Merkel.
Les deux présidents partagent la volonté d'associer une dose de croissance à la rigueur. Cela a pu les aider à sympathiser, voire les rapprocher", pense Jean-Laurent Truc du Midi Libre. Dans La République des Pyrénées, Jean-Marcel Bouguereau pense qu'à "côté de ce point de convergence majeur, le reste peut paraître secondaire." Dans Le Républicain Lorrain, Pierre Frehel note qu'il "n'est pas certain que Barack Obama regrette son 'ami' Sarkozy au style si différent du sien. La normalité du social-démocrate Hollande devrait mieux lui aller" et ceci d'autant plus "que le leader français se fait l'avocat obstiné d'une relance de l'économie européenne dont l'Amérique a grand besoin pour faire tourner ses usines et créer ces jobs sur lesquels sera jugé, à l'automne, le locataire de la Maison Blanche", estime-t-il. "Ainsi Barack Obama attendait-il moins de François Hollande des gages de solidarité atlantiste que des assurances sur la sortie de crise de l'Europe" observe également Rémi Godeau dans L'Est Républicain.
"Hollande serait-il aussi un bon diplomate ?"

Jacques Camus de La République du Centre souligne qu'ils "se sont même découvert des goûts communs pour la croissance, indispensable à l'Europe, mais aussi, par répercussion, aux Etats-Unis". Et d'affirmer qu'il "n'empêche que François Hollande ne manquera pas d'exhiber cette alliance sous le nez de la chancelière allemande, Angela Merkel, pour l'amener à composer et accepter ce ménage à trois !"

"Le premier contact avec Angela Merkel n'avait pas été mauvais ; celui avec Barack Obama est plutôt bon. François Hollande, l'inconnu des ambassades, serait-il aussi un bon diplomate ?", se demande Hervé Cannet (La Nouvelle République du Centre ouest) Alors qu'Hervé Favre dans La Voix du Nord croit savoir qu'"à la table du G8, François Hollande pourra donc compter sur cet allié de poids pour continuer de faire pression sur Angela Merkel." L'éditorialiste pense déjà au G20 : "en juin prochain, Barack Obama et François Hollande À pourraient même se trouver un autre objectif commun et de taille : s'attaquer à la grande muraille qui protège encore la Chine de la concurrence américaine et européenne grâce à sa monnaie sous-évaluée !"

François Sergent de Libération juge cependant qu'"entre grandes puissances, la bonne entente personnelle réelle ou feinte n'a que peu d'incidences. On l'a vu avec le petit couple Merkel-Sarkozy remplacé en une nuit d'orages par le nouveau couple Merkel-Hollande. On le voit aujourd'hui entre les présidents américain et français" conclut-il.

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