Le beau temps est encore là, mais déjà s’annoncent les nuages : au nouveau Baromètre Ifop-JDD, réalisé après le premier et le second tours des élections législatives, le nouvel exécutif bénéficie toujours d’un soutien nettement majoritaire, mais enregistre une forte mobilisation des mécontents (+ 7 pour l’un comme pour l’autre), et l’analyse qualitative du mécontentement annonce plutôt des temps difficiles.
Avec 59 % de satisfaits (- 2) et 40% de mécontents (+ 7), François Hollande, en léger recul, fait nettement moins bien que Nicolas Sarkozy il y a cinq ans, en juin 2007, après sa victoire législative (65%). Il est majoritaire dans toutes les catégories, sauf chez les commerçants, artisans et chefs d’entreprise (44%-56%) et naturellement chez les sympathisants Front national (27%-71%) et UMP (19%- 79%). La progression des mécontents, qui vient pour l’essentiel des indécis du mois dernier, est particulièrement sensible chez les commerçants et artisans (+ 15), les professions libérales et cadres supérieurs (+ 13) et les sympathisants du MoDem (+ 13) et du FN (+ 11), et au contraire minimale chez les employés (+ 1) et les ouvriers (+ 2).
L’analyse des raisons du mécontentement des personnes interrogées par l’Ifop montre des esquisses de désenchantement social ("Je suis un peu déçu de son démarrage" ; "Je constate qu’il fait machine arrière sur certains sujets") et de désappointement sur sa personne ("Je trouve qu’il n’est pas charismatique"). Comme le résume un quadragénaire cadre supérieur : "Je suis un peu déstabilisé." Bien entendu, l’épisode de La Rochelle n’arrange rien : "Ce qui m’a gêné, c’est cette histoire avec Royal, le message envoyé ; il fallait qu’il tienne sa souris." Mais c’est beaucoup aussi parce que cela semble loin des préoccupations des personnes interrogées, qui craignent que cela détourne le Président des vrais problèmes.
Jean-Marc Ayrault toujours au sommet
Curieusement, Jean-Marc Ayrault est moins touché par ces avertissement précurseurs : avec 65% de satisfaits (inchangé) et 29% de mécontents (+ 7 aussi), il reste à un sommet record (4 points de plus que François Fillon en juin 2007), dû à l’indulgence d’une partie de l’UMP (39% de satisfaits au lieu de 19% seulement pour François Hollande) et du Front national (37% au lieu de 27% pour le président de la République).
C’est donc une opinion majoritairement favorable au Président et au Premier ministre, mais un peu "déstabilisée" par leurs débuts, parfois partagée entre l’envie de les voir tenir leurs promesses, la déception de les sentir peut-être les reporter et la peur des effets possibles de leurs réalisations, qui caractérise le climat politique à la veille des vacances.
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