A moins d'une semaine de la fin du délai laissé par Mittal pour
trouver des repreneurs pour le site de Florange,
les négociations se font fébriles. Le PDG d'ArcelorMittal,
Lakshmi Mittal, pourrait d'ailleurs être reçu mardi à l'Elysée par François
Hollande - une information qui reste toutefois encore à confirmer de source
officielle. Pendant que le dossier social tourne à la guerre des mots, par
presse interposée, entre Arnaud
Montebourg et la famille de l'industriel. Lundi matin, le ministre
du redressement productif lançait dans les colonnes des Echos : "Nous ne voulons
plus de Mittal en France parce qu'ils n'ont pas respecté la France." Et de
dénoncer les "mensonges de Mittal depuis 2006", qui sont "accablants". A cette
attaque en règle, les membres de la famille Mittal ont répondu dans les colonnes
du Monde, en se disant "extrêmement choqués".
Depuis la semaine dernière, Arnaud Montebourg travaille sur
l'hypothèse d'une "nationalisation transitoire" de Florange ; selon Les Echos,
"l'idée serait une association avec un opérateur industriel, minoritaire dans le
capital le temps de stabiliser l'activité". Une solution qui a le soutien du
Parti socialiste, qui a averti lundi que la majorité ne laisserait pas "Mittal
sacrifier Florange". Interrogé pour sa part sur LCI, le président de l'Assemblée
nationale, Claude Bartolone, a estimé que Mittal n'était "pas Merlin
l'enchanteur", soutenant également la position d'Arnaud Montebourg. Et de lancer
: "Il est venu en France parce que nous avions un savoir-faire et des sites.
S'il s'en va, il y aura des repreneurs. Regardez, il y a deux repreneurs qui
sont en train de frapper à la porte", a-t-il ajouté .
Un test pour la majorité de gauche
Alors qu'ArcelorMittal dit vouloir réduire ses surcapacités
de production, les deux haut-fourneaux de Florange et leur environnement, à
l'arrêt depuis juin et octobre 2011 et qui emploient 629 des 2800 salariés du
site, sont menacés et sont devenus un test pour la majorité de gauche. Le géant
mondial de l'acier, en annonçant le 1er octobre l'arrêt définitif des
hauts-fourneaux, avait accepté de donner deux mois à l'Etat pour trouver un
repreneur. Mais alors que ce délai de grâce expire le samedi 1er décembre, le
ton est monté entre Arnaud Montebourg et Mittal, car l'Etat aurait deux offres
de reprises mais sur un périmètre plus large que celui mis en vente par Mittal.
C'est en riposte à ce refus de Mittal de céder l'intégralité du
site que le ministre du redressement productif a brandi jeudi la menace d'un
contrôle public temporaire. Ce à quoi Mittal a répondu que la vente de la
totalité du site de Florange "mettrait en péril la viabilité du reste des
activités d'ArcelorMittal en France, où le groupe emploie 20.000 salariés".
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