jeudi 7 février 2013

Smic : la réforme présentée en Conseil des ministres

L'idée d'adjoindre au calcul du Smic un critère fondé sur la croissance, comme l'avait annoncé Jean-Marc Ayrault en juillet, a été abandonnée. Les deux "piliers" de base permettant d'évaluer la revalorisation du Salaire minimum de croissance sont, eux, modernisés.
Le décret entérinant la réforme du Smic, qui ne comporte pas d'indexation sur la croissance, a été présenté mercredi en Conseil des ministres. Comme annoncé en décembre par le ministre du Travail, Michel Sapin, cette réforme des modalités de revalorisation du Salaire minimum de croissance ne prévoit pas un critère fondé sur la croissance, contrairement à ce que le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, avait annoncé en juillet, reprenant une idée de François Hollande. On reconnaissait alors in fine au ministère du Travail, "beaucoup d'inconvénients", "notamment sa volatilité", à cet indicateur susceptible d'être révisé pendant trois années.
La réforme consiste donc à "moderniser" les deux piliers sur lesquels s'appuie depuis plus de quarante ans la revalorisation annuelle automatique : l'évolution des prix hors tabac, pour les ménages urbains dont le chef de famille est ouvrier ou employé, et la moitié du gain de pouvoir d'achat du salaire horaire de base ouvrier (SHBO).
A la première, se substituera "l'inflation mesurée pour les ménages du premier quintile de la distribution des niveaux de vie, c'est-à-dire des 20% des ménages ayant les revenus les plus faibles", indique le compte-rendu du Conseil des ministres. Objectif: "mieux prendre en compte les dépenses de consommation réelles des salariés à faible revenu, notamment les dépenses contraintes telles que le loyer". Le salaire minimum sera en second lieu désormais indexé "sur la base de la moitié du gain de pouvoir d'achat du salaire horaire moyen des ouvriers et des employés, et non plus des seuls ouvriers".

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