Le décret entérinant la réforme du Smic, qui
ne comporte pas d'indexation sur la croissance, a été présenté mercredi en
Conseil des ministres. Comme annoncé en décembre par le ministre du Travail,
Michel Sapin, cette réforme des modalités de revalorisation du Salaire minimum
de croissance ne prévoit pas un critère fondé sur la croissance, contrairement à
ce que le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, avait annoncé en juillet,
reprenant une idée de François Hollande. On reconnaissait alors in fine au
ministère du Travail, "beaucoup d'inconvénients", "notamment sa volatilité", à
cet indicateur susceptible d'être révisé pendant trois années.
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du Smic : comment ça marche ?
La réforme consiste donc à "moderniser" les deux piliers sur
lesquels s'appuie depuis plus de quarante ans la revalorisation annuelle
automatique : l'évolution des prix hors tabac, pour les ménages urbains dont le
chef de famille est ouvrier ou employé, et la moitié du gain de pouvoir d'achat
du salaire horaire de base ouvrier (SHBO).
A la première, se substituera "l'inflation mesurée pour les
ménages du premier quintile de la distribution des niveaux de vie, c'est-à-dire
des 20% des ménages ayant les revenus les plus faibles", indique le compte-rendu
du Conseil des ministres. Objectif: "mieux prendre en compte les dépenses de
consommation réelles des salariés à faible revenu, notamment les dépenses
contraintes telles que le loyer". Le salaire minimum sera en second lieu
désormais indexé "sur la base de la moitié du gain de pouvoir d'achat du salaire
horaire moyen des ouvriers et des employés, et non plus des seuls ouvriers".
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