François Hollande a beau ne pas prendre de vacances, il a son rite de rentrée. En septembre, le dimanche soir, il répond aux questions de Claire Chazal dans ce qui est le JT le plus regardé toutes chaînes confondues. Le 9 septembre 2012, 9,3 millions de Français l'avaient entendu s'engager à "inverser la courbe du chômage". Et dimanche soir, ils l'écouteront parler longuement de la Syrie et des sujets économiques et sociaux. Le Président n'ira pas à TF1, il parlera depuis l'Élysée, ou plus exactement depuis l'aile Marigny pour cause de Journées du patrimoine. L'entretien durera trente à trente-cinq minutes.
François Hollande s'exprimera pour la première fois devant les Français sur la Syrie, sujet qui l'a mobilisé depuis fin août. Il enchaînera avec les dossiers de la rentrée. La croissance est-elle là? Le 14 juillet, il avait dit, dans l'incrédulité générale, "la reprise est là". Maintenant que des signes tangibles viennent le confirmer, il insistera sur le retour de la croissance qu'il ne faut pas casser. Le gouvernement n'a toutefois pas inscrit la reprise dans ses chiffres cette année : il table sur une croissance plate au second semestre.
"Il faut annoncer des bonnes nouvelles"
L'inversion de la courbe du chômage est-elle là? Hollande sait que le jour où il aura gagné ce pari, le climat politique changera. Et il est certain d'être en passe de réussir. La "pause fiscale" est-elle là? "Il faut annoncer des bonnes nouvelles", martèle-t?il en privé. Au milieu de l'été, son ministre du Budget, Bernard Cazeneuve, l'a convaincu que Bercy parviendrait à stabiliser - ou presque - la pression fiscale en 2014, les baisses compensant les hausses, avec un an d'avance sur le calendrier prévu. La polémique a suivi, sur le "ras-le-bol" et les heures supplémentaires refiscalisées.
Au moment où les Français reçoivent leurs feuilles d'impôts, le chef de l'État devrait annoncer ce soir le principe d'un geste en faveur du pouvoir d'achat. Hollande pourrait même être plus précis si les derniers arbitrages sont faits aujourd'hui. Il y a débat. Jean-Marc Ayrault prône la décote, une ristourne réservée aux bas salaires. Les députés socialistes, eux, veulent un coup de pouce à la prime pour l'emploi (PPE), créée par Lionel Jospin. Ils ont entendu Pierre Moscovici leur promettre d'en discuter au moment de l'examen du budget à l'Assemblée, début octobre. La PPE? Le Premier ministre veut bien essayer de la verser plus tôt dans l'année aux contribuables modestes, mais pas davantage. Reste que l'exécutif n'a pas encore dit avec quel argent il financerait un coup de pouce - quel qu'il soit.
Samedi matin, alors qu’Ayrault faisait visiter l’hôtel Matignon à un groupe, un homme s’approche de lui et lui glisse : "Ça doit vous changer de vos salles de classe?" Le Premier Ministre sourit et rétorque : "Oui, mais parfois c’est plus turbulent que les salles de classe." C’est bien parce que les écologistes se font de nouveau turbulents que Hollande devra être dimanche soir le chef de la majorité. Il rassurera les écolos après le vrai-faux ultimatum de Pascal Durand . Il s’exprimera sur la fiscalité écologique et le diesel, mais de manière générale. Le Président devrait garder ses annonces précises pour son discours d’ouverture de la conférence environnementale vendredi matin.
Une interview d’une demi-heure
Si Hollande ne l’a jamais dit publiquement, il n’est pas favorable à une hausse du prix du diesel. "On ne va pas quitter le gouvernement parce qu’ils ne veulent pas taxer les pauvres", décrypte un leader écolo, conscient de l’état des Français. Actualité oblige, Hollande pourrait aussi s’exprimer sur l’insécurité, et notamment sur l’affaire du bijoutier de Nice. En une demi-heure, le chef de l’État devrait montrer aux téléspectateurs le visage qu’il présente aux journalistes qu’il reçoit par tablées ces derniers jours, celui d’un Président très sûr de lui, de sa bonne politique… et de sa bonne étoile.
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