La première moitié du quinquennat de François Hollande va s'achever dans quelques semaines. A presque mi-mandat, le chef de l'Etat se trouve dans une situation inédite. Record d'impopularité, absence de résultats économiques encourageants, majorité en voie de décomposition... Que peut faire François Hollande pour mettre fin à cette désastreuse séquence politique ?
1. Démissionner ?
C'est sans doute l'hypothèse la moins sérieuse à ce jour. Bien qu'une grande partie des Français soit déçue de sa présidence, il reste aujourd'hui le garant des institutions. Sa légitimité tirée du suffrage universel ne peut donc être remise en cause par des sondages, même s'ils sont révélateurs du désamour entre le peuple et son "monarque républicain".
D'ailleurs dans l'opposition, personne n'exige clairement sa démission. Même Marine Le Pen se refuse à la réclamer, en tout cas explicitement. "Je suis respectueuse des institutions. Je ne remets pas en cause la légitimité du président. Mais il n'a plus la confiance du peuple, il doit donc en tirer les conséquences ?", déclare la présidente du FN dans un entretien au Monde ce vendredi.
2. Dissoudre donc cohabiter ?
Premièr risque d'une dissolution de l'Assemblée nationale, ce serait la perte de la majorité pour François Hollande. En clair, la fin de la gauche au pouvoir. Cette hypothèse ne sera prise par le chef de l'Etat que contraint et forcé. Et elle n'est pas (encore ?) d'actualité. Bien qu'opposés au virage social-libéral du gouvernement, les frondeurs socialistes n'iraient pas jusqu'à provoquer la scission de la majorité. Car en cas de dissolution, ils savent qu'une bonne partie d'entre eux ne retrouveront pas leur siège de député.
Pourtant, la droite et l'extrême droite réclame cette dissolution de plus en plus vivement. Mais à l'UMP, cette requête est surtout une manière plus ou moins déguisée de demander la démission de François Hollande, car le parti dirigé par le triumvirat Juppé, Fillon, Raffarin n'a aucune envie de gouverner. A l'inverse, le FN se dit prêt à assumer le pouvoir même avec François Hollande à l'Elysée. "Il inaugurera les pots de fleurs et fera des commémorations. D'ailleurs, il adore ça. Et puis ce sera tout, parce que constitutionnellement, c‘est le gouvernement qui détermine et conduit la politique de la nation", indique Marine Le Pen.
3. Et pourquoi pas un référendum ?
C'est une idée suggérée par l'ancienne ministre Rama Yade, ce vendredi matin sur i>Télé. "Je pense que le président, s'il avait un peu de courage, devrait consulter les Français sur l'essentiel de sa politique et puis, en fonction de la réponse, à la manière d'un général de Gaulle, il continue ou il s'arrête", a-t-elle lancé, presque comme un défi à François Hollande. Un référendum ? "Pourquoi pas. Je pense qu'il est important aujourd'hui qu'on ait une consultation populaire sur certaines orientations stratégiques, par exemple sur la fiscalité, sur l'école", a-t-elle ajouté.
François Fillon estime lui aussi qu'une consultation des Français est nécessaire. "L'esprit de la cinquième République, c'est le retour au peuple quand ça ne fonctionne plus", a lancé l'ancien Premier ministre ce vendredi matin sur Europe 1. "Le peuple français est au bord de la révolte, le pays est bloqué et tout le monde attend qu'il y ait un dénouement politique de cette crise. On ne peut pas, on ne pourra pas continuer comme ça jusqu'en 2017", prévient l'ex-pensionnaire de Matignon.
4. Ne rien faire
Et si la meilleure chose à faire pour François Hollande était de faire le dos rond ? Avec une opposition en pleine reconstruction, sans projet ni leader et un Front national, certes en pleine progression, mais incapable électoralement d'obtenir une majorité, la gauche n'est-elle pas finalement, et paradoxalement, la mieux à même de gérer le pays ? Car une dissolution voire une démission du président de la République ajouterait de la crise à la crise.
Et puis, il est encore trop tôt pour tirer le bilan des réformes du gouvernement de Manuel Valls, arrivé il y a seulement 6 mois à Matignon. Peut-il encore sauver le quinquennat de François Hollande ? Pour Emmanuel Rivière, le directeur Opinion de TNS Sofres, ce n'est pas impossible : "Si Manuel Valls arrive à mener quelque chose de cohérent en terme de conduite de l'action gouvernementale et qu'il y a des résultats au bout". Sans résultats, c'est certain, François Hollande est condamné. Mais les Français peuvent-ils vraiment patienter jusqu'en 2017?
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