jeudi 14 juillet 2011

L'UMP ajuste le tir contre le PS

Le patron du parti majoritaire, Jean-François Copé, souhaite organiser une convention à l'automne pour décrypter «les faiblesses du projet socialiste».
En attendant que son candidat se déclare, l'UMP aura un rôle à la fois délicat et ingrat: occuper le terrain. Délicat, parce que si Jean-François Copé, son secrétaire général, a saturé l'agenda du parti de meetings et conventions en tous genres, il ne peut ignorer que le spectacle de la primaire socialiste va, jusqu'à son dénouement, fournir à la majorité ses meilleurs arguments. Le parti présidentiel a donc calé son calendrier sur celui du camp adverse.
Fin août, les candidats à l'investiture du PS s'affronteront en direct à La Rochelle. Début septembre, les dirigeants de l'UMP donneront en chœur le coup d'envoi de leur campagne à Marseille. Effet de contraste garanti. «Mais je veux faire plus, annonce Jean-François Copé. Nous dédierons une grande convention au décryptage des faiblesses du projet socialiste en octobre.» Plus précisément dans la foulée du deuxième tour de la primaire du PS, prévue le 16 octobre, ce qui permettra à l'UMP d'ajuster son tir.

«Tentation clanique»

Le rendez-vous de Marseille ne sera pas uniquement une grand-messe unitaire. Le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, chargé de coordonner la préparation du projet de l'UMP, dressera un premier bilan d'étape à l'occasion d'une table ronde. «Il ne s'agit pas de dérouler des propositions, précise l'un de ses collaborateurs, mais de définir nos principes d'action en prenant comme point de départ la crise de 2008.»
D'ici à fin juillet, Bruno Le Maire aura vu ou revu des représentants de l'ensemble des sensibilités du parti majoritaire, ministres en exercice, comme Xavier Bertrand ou remerciés, comme Michèle Alliot-Marie et Éric Woerth, ainsi que les anciens premiers ministres Édouard Balladur, Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin. Alors que Jean-Louis Borloo semble déterminé à défendre les couleurs du centre en 2012, le mot d'ordre à l'UMP est, plus que jamais, de ne laisser personne au bord du chemin.
Ce qui n'empêche pas des voix discordantes de s'élever. Le député maire de Nice, Christian Estrosi, a encore regretté mardi, dans Le Parisien, «la domination des idées libérales au détriment des autres courants de pensée, et la tentation clanique dans le fonctionnement du parti». «Pourtant, quand il a vu Bruno Le Maire le 29 juin, ça s'est très bien passé», feint-on de s'étonner dans l'entourage du ministre.
http://www.lefigaro.fr/politique/2011/07/12/01002-20110712ARTFIG00636-l-ump-ajuste-le-tir-contre-le-ps.php

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