jeudi 8 décembre 2011

Législatives : le casse-tête écologiste

Et si Marie Bové, candidate à la députation, ne parvenait pas à obtenir de poste? Les militants de la deuxième circonscription de Bordeaux ne se sont en tout cas pas prononcés en faveur de la conseillère régionale, membre du Bureau exécutif d'Europe Ecologie - Les Verts. Et le score est sans appel : 4 voix pour elle, contre 16 pour Marie-Claude Noël, conseillère municipale et élue de la communauté urbaine. Sauf que les militants n'ont pas le dernier mot. Loin de là, puisque leur vote n'est que consultatif. "Il devra être validé par les instances nationales le 18 décembre prochain (lors du Conseil fédéral, Ndlr)", a d'ailleurs rappelé Marie Bové dans le quotidien Sud Ouest.
D'ici là, la commission permanente dédiée aux élections va se réunir pour établir des "scénarios d'investiture". "Les réunions commencent ce soir (mercredi)", précise au JDD.fr le secrétaire national aux élections, David Cormand, qui indique que le parti "ne communiquera pas" là-dessus. Et l'élu de Haute-Normandie de justifier le processus de désignation : "Le vote local donne un avis consultatif. Cela a son importance, mais c'est une élection nationale." Surtout qu'au vu du nombre d'adhérents à EELV, "la légitimité est relative", selon lui. "Au PS, le vote n'est pas pris en compte, si le nombre de votants ne représente pas 1/500e de l'ensemble du corps électoral de la circonscription. Nous sommes très loin de ce ratio, plutôt autour du 1/5000e", explique l'écologiste.

"Nous serons forcés de faire des arbitrages"

Quid de Marie Bové? "Je salue son courage et sa cohérence politique. Elle aurait pu penser à sa pomme" en choisissant de se présenter dans une circonscription réservée, estime David Cormand. Au total, l'accord entre EELV et le PS donne 60 circonscriptions réservées aux écologistes. Ces derniers espèrent en obtenir "entre 12 et 14" en cas de victoire de la droite à la présidentielle - "ce qu'on n'envisage pas" - et "entre 25 et 30" dans le cas contraire. La parité, souhaitée par EELV, est également une modalité qui vient compliquer les désignations. "Nous serons forcés de faire des arbitrages, qui n'impliquent pas forcément de suivre le choix des militants", ajoute le responsable aux élections.
Dans certaines circonscriptions, le choix sera plus facile. Dans la 3e de Gironde par exemple, le député-maire de Bègles, Noël Mamère, a été désigné sans surprise. Idem pour Cécile Duflot à Paris, malgré les critiques de certains socialistes. Dans la 6e circonscription, la secrétaire nationale est arrivée en tête des votes, avec 34,81%, devant Marie-Cécile Ruiz (8,9%). Les choses sont plus compliquées dans la 10e circonscription, où neuf écologistes se sont présentés : Yves Contassot, conseiller de Paris, et Eva Sas, la trésorière d'EELV, tiennent la corde. L'adjoint au maire de Paris, Denis Baupin, et le porte-parole du parti, Pascal Durand, sont également en lice. "Il y aura forcément des choix déchirants. Ils sont tous légitimes", juge David Cormand.
"Le national permet d'arbitrer entre des légitimités différentes", expliquait justement Pascal Durand, lors d'un point presse la semaine dernière. Et de mettre en garde contre "la prime à la baronnie locale" pour une élection nationale : "Il faut trouver un équilibre entre le respect du localisme et la prise en compte de l'intérêt général", dont la représentation des différents courants (Verts et Europe Ecologie), ajoutait alors le porte-parole. Verdict le 18 décembre prochain.

Aucun commentaire: