jeudi 8 décembre 2011

Rigueur : Fillon évoque de possibles "ajustements" budgétaires en 2012

Au lendemain de l'annonce par Standard & Poor's d'une possible dégradation de deux crans de la note de la dette de la France, François Fillon, invité du journal de France 2 mardi soir, s'est d'abord montré rassurant. "Il n'y aura pas de troisième plan de rigueur", a déclaré le Premier ministre, réaffirmant la position plusieurs fois adoptée par le ministère de l'Economie. Puis il a nuancé son propos, expliquant que le gouvernement ne prendrait pas une telle décision "maintenant, sur la foi de prévisions", tout en ne se l'interdisant pas en 2012. "S'il faut aller plus loin, s'il y a d'autres mesures qui doivent être prises, le gouvernement français les prendra, ce n'est pas exclu", a expliqué le chef du gouvernement. "S'il doit y avoir de nouveaux ajustements, ce sera sur la réalité de la croissance 2012, ce sera quand on connaîtra la croissance du premier trimestre 2012, la croissance du deuxième trimestre", a ajouté François Fillon.
La prévision de croissance du gouvernement pour 2012 est pour le moment de 1%. François Fillon a estimé que le consensus des experts se situait actuellement "autour de 0,5%". Selon le Premier ministre, les 6 milliards d'euros mis en réserve dans le budget permettront de combler "la différence entre une croissance à 1% et une croissance à 0,5%". François Fillon avait auparavant estimé que la meilleure réponse à l'avertissement de S&P, qui a mis sous surveillance la note de la France et de 14 autres pays de la zone euro, était la rédaction d'un nouveau traité européen. "D'une certaine façon, c'est un appel à une gouvernance politique et économique plus solide, et notre réponse est sans ambiguïté : c'est l'accord franco-allemand élaboré hier par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel", a-t-il dit lors d'une déclaration à l'Assemblée nationale, avant le Conseil européen du 9 décembre.

Le gouvernement français, a-t-il répété, "fera tout" pour respecter ses engagements budgétaires. François Fillon a estimé par ailleurs que les décisions prises par la Grèce, l'Italie et l'Espagne étaient "encourageantes". "Nous ne devons laisser aucun doute aux investisseurs sur notre détermination à défendre la zone euro", a-t-il souligné.



'Je ne me résous pas à une augmentation de 10%" Le Premier ministre a par ailleurs déclaré qu'il souhaitait que la hausse du prix du gaz, qui doit intervenir en janvier, soit inférieure à 5%. "Je ne me résous pas à une augmentation de 10% du prix du gaz en janvier. Je le dis clairement, je ne l'accepterai pas", a indiqué François Fillon. "Ca sera très inférieur à cette somme de 10%. Je souhaiterais même que ça soit en dessous de la moitié", a-t-il ajouté.

Le Conseil d'Etat, saisi en référé par de petits concurrents de GDF Suez, a récemment invalidé le gel des tarifs du principal groupe gazier imposé par le gouvernement au 1er octobre. La plus haute juridiction administrative du pays a donné un mois au gouvernement pour revoir sa copie. "On est en train de négocier avec les différents partenaires pour faire en sorte que le droit soit respecté, naturellement, mais que le pouvoir d'achat de nos concitoyens soit préservé", a expliqué François Fillon. Une hausse de 10%, "je considère que c'est une augmentation excessive, qui n'est pas supportable pour nos concitoyens", a-t-il répété.

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