mercredi 18 janvier 2012

Mélenchon sur la route des 10%

Jean-Luc Mélenchon est confiant. Alors que les sondages d'intentions de vote le créditent d'un score en hausse, le candidat du Front de gauche se fixe des objectifs. Qu'il juge réalisables. "Mon passage au-dessus de 10% est imminent", a déclaré le candidat mardi matin lors d'un petit-déjeuner BVA/Orange/France Inter/L'Express. Selon une enquête Ifop-Fiducial pour le site de Paris Match, l'ancien socialiste gagne 1,5 point pour atteindre 7,5%. Une tendance qui se reflète également au niveau de sa cote de popularité : Jean-Luc Mélenchon fait un bond de sept points, à 37% de bonnes opinions, dans le baromètre mensuel Ipsos à paraître jeudi dans Le Point.
"Il y a un début de dynamique", confirme au JDD.fr Frédéric Dabi. Pour le directeur du département Opinion de l'Ifop, cette percée s'explique à la fois par "l'intensification de la campagne" de Jean-Luc Mélenchon, par sa "bonne présence médiatique", mais aussi car ce dernier est désormais "bien identifiée dans l'opinion publique". Jeudi dernier, invité de l'émission Des Paroles et des Actes, la prestation – mouvementée – du chef de file du Front de gauche a été suivie par 3,2 millions de téléspectateurs (13,3% de part d'audience). Soit mieux que Jean-François Copé et Alain Juppé, mais derrière Marine Le Pen (15,6%). Samedi, quelque 6.000 personnes avaient fait le déplacement dans la banlieue de Nantes pour participer à l'un de ses meetings de campagne.
"La période actuelle l'aide", affirme également le sondeur, en référence au programme économique du candidat, très critique envers les agences de notation. Frédéric Dabi estime également que "le pari de Mélenchon et du Front de gauche (…) est sur la voie d'être gagnée". Le candidat se rapprochant des scores du Parti communiste en 1995 (André Lajoinie, avec 6,8 % des suffrages) ou 1998 (Robert Hue, avec 8,65 %). Loin devant les 1,93 % de Marie-Georges Buffet en 2007.

"Il a fait le plein dans la gauche radicale"

Face à cet engouement, l'équipe de Jean-Luc Mélenchon veut y croire. "Si on franchit le seuil des 10%, on change de scénario. Tout bascule. On s'invite à la table des quatre (Hollande, Sarkozy, Le Pen, Bayrou)", explique l'entourage du candidat au site de L'Express. Reste encore à trouver des réserves de voix. "Il a asséché une forte partie de l'extrême gauche, a fait le plein dans la gauche radicale", estime Frédéric Dabi, rejoint par le directeur de BVA Opinion, Gaël Sliman : "Avec les candidatures peu médiatiques de Philippe Poutou (NPA) et Nathalie Arthaud (LO), l'électorat d'extrême gauche est totalement disponible pour lui."
Il faudra donc chercher des voix ailleurs. Dans la structure de son actuel socle électoral, "il y a des choses intéressantes au niveau des classes moyennes, des 35-49 ans ou encore des professions intermédiaires, qui votaient traditionnellement socialistes", précise le directeur du département Opinion de l'Ifop, qui estime que Jean-Luc Mélenchon "peut peut-être encore prendre de ce point de vue-là." Mais le leader du Front de gauche devra également faire face à plusieurs défis, à savoir cimenter son socle électoral et empêcher le vote utile en faveur de François Hollande.
"La campagne commence juste", ajoute toutefois Frédéric Dabi. Selon l'étude Ifop, 46% des sondés indiquent pouvoir encore changer d'avis. Et, parmi ceux qui pourraient se prononcer pour Jean-Luc Mélenchon, ils sont 54% à n'avoir pas encore définitivement arrêté leur choix.

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