Officiellement, Lionel Jospin se tient « à distance » de la bataille fratricide qui oppose Ségolène Royal et Olivier Falorni. Propriétaire d’une maison sur l’île de Ré, l’ancien Premier ministre vote à Paris et prend bien soin de ne pas s’en mêler. Son ombre plane tout de même sur l’élection, puisque son ami Jean-François Fountaine, conseiller municipal PS à La Rochelle, vice-président de la communauté d’agglomération et surtout puissant patron de chantier nautique, est un partisan très actif de Falorni, dont il préside le comité de soutien (750 personnes).
Et met ses réseaux au service du candidat dissident. Fountaine, ancien vice-président PS de la région Poitou-Charentes, s’est durement affronté à Royal, jusqu’à la rupture, en 2006. Aujourd’hui, il assure ne pas faire campagne « contre Ségolène Royal », mais « pour des principes ». « On est ici dans la culture du respect de l’autre, dans une région très marquée par Michel Crépeau, qui incarnait l’humanisme et la tolérance », dit-il. Royal, à ses yeux, incarne « un autoritarisme déconnecté du terrain ». Il dénonce aussi les méthodes « clientélistes » de la candidate du PS : « Elle dit aux associations ou autres : Je vous ai donné des subventions, vous devez voter pour moi. Et si je ne suis pas élue députée, vous aurez des ennuis. » Durant la campagne présidentielle, Royal s’est plainte auprès de Jospin que son « ami » Fountaine fasse ainsi campagne pour Falorni. Surpris, Jospin n’a rien répondu. Et n’a de toute évidence pas sermonné son vieux copain
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