Le départ probable des patrons de la police nationale et du
renseignement intérieur, Frédéric
Péchenard et Bernard
Squarcini, a inspiré ce commentaire amer dimanche à Xavier
Bertrand : "La chasse aux sorcières commence, et je crains que
ce ne soit qu'un début. M. Hollande l'avait dit, certains ne l'avaient pas
forcément pris au sérieux, nous si". L'ancien ministre UMP s'exprimait sur
ce thème au Forum Radio J. Selon lui, Frédéric
Péchenard a été mis en cause dans l'affaire des fadettes du
Monde "par une campagne de presse très bien organisée". Quant
à la mise en examen de Bernard Squarcini dans la même
affaire, "celui qui est mis en examen, dans le droit français, cela ne veut
pas dire qu'il est condamné, loin s'en faut", a-t-il souligné. Selon
Xavier Bertrand, la seule certitude, c'est qu'il
"y a un esprit de revanche" de la part du nouveau pouvoir socialiste.
"Ce n'est pas la fin, car cela avait été dit pour un certain nombre
d'ambassadeurs, on va voir ce qu'ils feront avec nombre de préfets".
Frédéric Péchenard et Bernard Squarcini, tous deux proches de Nicolas
Sarkozy, devraient rapidement quitter leur poste, en vertu d'un
décret qui pourrait être pris dès le Conseil des ministres mercredi. L'ancien
chef de l'Etat les avait nommés à leur poste juste après sa victoire à la
présidentielle de 2007. Frédéric Péchenard, considéré
comme "un grand flic" par ses pairs avant de devenir préfet, était
devenu directeur général de la police nationale en juin 2007. Il est âgé de 55
ans. Bernard Squarcini, 56 ans, a fait l'essentiel de
sa carrière aux RG, où il s'est bâti une réputation d'"as du
renseignement". Il avait été nommé à la tête de la Division de la
surveillance du territoire (DST) avant de piloter la réorganisation du
renseignement français au sein de la Direction centrale du renseignement
intérieur (DCRI).
La fin de "l'Etat UMP" ?
Evoquant en février "un Etat UMP" et "un vrai
système en place au niveau du ministère de l'Intérieur", François
Hollande avait déclaré : "Aucun de ceux qui aujourd'hui
exercent des responsabilités et qui sont loyaux n'ont à s'inquiéter mais, en
revanche, ceux qui sont liés à ce système auront forcément à laisser la place à
d'autres". En mars, à propos de Bernard
Squarcini, François Hollande avait relevé
des "manquements" dans le fonctionnement de la DCRI. Il avait semblé se
montrer plus indulgent pour Frédéric Péchenard :
"Il n'y a pas de raison, si les Français m'en donnaient mandat, de le
renvoyer du jour au lendemain (...) Mais il n'y a pas de raisons qu'il reste
toute sa vie" à la DGPN.
Selon une source policière, le départ rapide de Bernard Squarcini serait une "mesure symbolique",
visant un homme dont la proximité avec l'ancien pouvoir a été souvent fustigée
par la gauche. De son côté Bernard Squarcini se
défend avec force d'avoir mis en place un "cabinet noir" au sein de la
DCRI ou d'avoir été "l'espion du président", le titre d'un récent
ouvrage contre lequel il a porté plainte en diffamation. Bernard Squarcini a été mis en examen en octobre par des
juges d'instruction parisiens qui le soupçonnent d'avoir illégalement demandé et
analysé les factures téléphoniques détaillées d'un journaliste du Monde
dans le but d'identifier les sources du quotidien dans l'affaire
Woerth-Bettencourt. Dans ce dossier, Frédéric
Péchenard a été entendu sous le statut de témoin assisté, intermédiaire
entre celui de simple témoin et celui de mis en examen. A l'issue de cette
audition, aucune poursuite n'avait été engagée le visant. Des associations se
sont récemment inquiétées de son hypothétique nomination à la tête de la Mission
interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt). Un poste
à l'Inspection générale de l'administration a également été évoqué
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