lundi 21 mai 2012

Pour Bertrand, "la chasse aux sorcières commence" dans la police

Le départ probable des patrons de la police nationale et du renseignement intérieur, Frédéric Péchenard et Bernard Squarcini, a inspiré ce commentaire amer dimanche à Xavier Bertrand : "La chasse aux sorcières commence, et je crains que ce ne soit qu'un début. M. Hollande l'avait dit, certains ne l'avaient pas forcément pris au sérieux, nous si". L'ancien ministre UMP s'exprimait sur ce thème au Forum Radio J. Selon lui, Frédéric Péchenard a été mis en cause dans l'affaire des fadettes du Monde "par une campagne de presse très bien organisée". Quant à la mise en examen de Bernard Squarcini dans la même affaire, "celui qui est mis en examen, dans le droit français, cela ne veut pas dire qu'il est condamné, loin s'en faut", a-t-il souligné. Selon Xavier Bertrand, la seule certitude, c'est qu'il "y a un esprit de revanche" de la part du nouveau pouvoir socialiste. "Ce n'est pas la fin, car cela avait été dit pour un certain nombre d'ambassadeurs, on va voir ce qu'ils feront avec nombre de préfets".

Frédéric Péchenard et Bernard Squarcini, tous deux proches de Nicolas Sarkozy, devraient rapidement quitter leur poste, en vertu d'un décret qui pourrait être pris dès le Conseil des ministres mercredi. L'ancien chef de l'Etat les avait nommés à leur poste juste après sa victoire à la présidentielle de 2007. Frédéric Péchenard, considéré comme "un grand flic" par ses pairs avant de devenir préfet, était devenu directeur général de la police nationale en juin 2007. Il est âgé de 55 ans. Bernard Squarcini, 56 ans, a fait l'essentiel de sa carrière aux RG, où il s'est bâti une réputation d'"as du renseignement". Il avait été nommé à la tête de la Division de la surveillance du territoire (DST) avant de piloter la réorganisation du renseignement français au sein de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI).

La fin de "l'Etat UMP" ?

Evoquant en février "un Etat UMP" et "un vrai système en place au niveau du ministère de l'Intérieur", François Hollande avait déclaré : "Aucun de ceux qui aujourd'hui exercent des responsabilités et qui sont loyaux n'ont à s'inquiéter mais, en revanche, ceux qui sont liés à ce système auront forcément à laisser la place à d'autres". En mars, à propos de Bernard Squarcini, François Hollande avait relevé des "manquements" dans le fonctionnement de la DCRI. Il avait semblé se montrer plus indulgent pour Frédéric Péchenard : "Il n'y a pas de raison, si les Français m'en donnaient mandat, de le renvoyer du jour au lendemain (...) Mais il n'y a pas de raisons qu'il reste toute sa vie" à la DGPN.

Selon une source policière, le départ rapide de Bernard Squarcini serait une "mesure symbolique", visant un homme dont la proximité avec l'ancien pouvoir a été souvent fustigée par la gauche. De son côté Bernard Squarcini se défend avec force d'avoir mis en place un "cabinet noir" au sein de la DCRI ou d'avoir été "l'espion du président", le titre d'un récent ouvrage contre lequel il a porté plainte en diffamation. Bernard Squarcini a été mis en examen en octobre par des juges d'instruction parisiens qui le soupçonnent d'avoir illégalement demandé et analysé les factures téléphoniques détaillées d'un journaliste du Monde dans le but d'identifier les sources du quotidien dans l'affaire Woerth-Bettencourt. Dans ce dossier, Frédéric Péchenard a été entendu sous le statut de témoin assisté, intermédiaire entre celui de simple témoin et celui de mis en examen. A l'issue de cette audition, aucune poursuite n'avait été engagée le visant. Des associations se sont récemment inquiétées de son hypothétique nomination à la tête de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt). Un poste à l'Inspection générale de l'administration a également été évoqué

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