mardi 5 juin 2012

Pour économiser 5 milliards, l'Etat devra se serrer la ceinture

Alors que Jean-Marc Ayrault s'attelle à peine à la préparation du budget 2013, ce n'est pas précisément une bonne nouvelle qui attend le gouvernement. Avant de quitter Matignon, François Fillon avait commandé à Bercy un rapport sur les économies nécessaires pour rendre possible un retour des finances publiques à l'équilibre en 2016. Si le rapport en question n'a pas encore été publié, sa conclusion est révélée ce lundi par Les Echos : l'Etat doit économiser, en gros, 5 milliards d'euros par an.
Comment trouver ces 5 milliards d'économies ? Selon le quotidien économique, l'Inspection générale des finances a identifié à cette fin des leviers "ultra sensibles" comme la baisse des effectifs de l'Etat et de ses opérateurs, le gel des retraites ou la maîtrise de la masse salariale de l'Etat, "jugée incontournable". Le rapport mise ainsi en priorité sur la baisse des dépenses, poursuit le journal qui rappelle les mises en garde similaires déjà adressées ces derniers jours au nouveau gouvernement par Bruxelles et la Cour des comptes. "L'examen attentif des dépenses d'intervention", à savoir les aides sociales, à l'emploi ou au logement, "ne peut plus être différé" et passerait par des gels ou des suppressions de prestations et de subventions, poursuit le rapport, toujours selon Les Echos.
La "double exigence" du budget
La révélation de l'existence de ce rapport intervient alors que le nouveau Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a lancé la préparation du prochain budget pluriannuel et du projet de loi de finances pour 2013. Il a adressé des lettres en ce sens aux membres du gouvernement. Selon Les Echos, Matignon a fixé une "double exigence" aux ministres : le retour des déficits publics à 3% du PIB en 2013 conjuguée avec le respect des engagements de François Hollande.
"Ces lettres décrivent la méthode et le calendrier d'élaboration du budget pluriannuel 2013-2015 et du projet de loi de finances pour 2013 qui décline la première 'annuité' de ce budget pluriannuel, ainsi que les objectifs de déficit de 3% en 2013 et d'équilibre en 2017", précisent les services du Premier ministre dans un communiqué.
Le ministre de l'Economie et des Finances, Pierre Moscovici, a estimé pour sa part dimanche au Grand Jury LCI-RTL-Le Figaro, que la France devait lutter en Europe contre "un déficit de crédibilité budgétaire". Et il a reconnu : "Il y a une marche sérieuse à franchir pour être à 3% l'an prochain".

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