Alors que Jean-Marc Ayrault s'attelle à peine à la
préparation du budget 2013, ce n'est pas précisément une bonne nouvelle qui
attend le gouvernement. Avant de quitter Matignon, François Fillon avait
commandé à Bercy un rapport sur les économies nécessaires pour rendre possible
un retour des finances publiques à l'équilibre en 2016. Si le rapport en
question n'a pas encore été publié, sa conclusion est révélée ce lundi par
Les Echos : l'Etat doit économiser, en gros, 5 milliards
d'euros par an.
Comment trouver ces 5 milliards d'économies ? Selon le
quotidien économique, l'Inspection générale des finances a identifié à cette fin
des leviers "ultra sensibles" comme la baisse des effectifs de l'Etat
et de ses opérateurs, le gel des retraites ou la maîtrise de la masse salariale
de l'Etat, "jugée incontournable". Le rapport mise ainsi en priorité
sur la baisse des dépenses, poursuit le journal qui rappelle les mises en garde
similaires déjà adressées ces derniers jours au nouveau gouvernement par
Bruxelles et la Cour des comptes. "L'examen attentif des dépenses
d'intervention", à savoir les aides sociales, à l'emploi ou au logement,
"ne peut plus être différé" et passerait par des gels ou des
suppressions de prestations et de subventions, poursuit le rapport, toujours
selon Les Echos.
La "double exigence" du budget
La révélation de l'existence de ce rapport intervient alors que
le nouveau Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a lancé la préparation du
prochain budget pluriannuel et du projet de loi de finances pour 2013. Il a
adressé des lettres en ce sens aux membres du gouvernement. Selon Les Echos,
Matignon a fixé une "double exigence" aux ministres : le retour des déficits
publics à 3% du PIB en 2013 conjuguée avec le respect des
engagements de François Hollande.
"Ces lettres décrivent la méthode et le
calendrier d'élaboration du budget pluriannuel 2013-2015 et du projet de loi de
finances pour 2013 qui décline la première 'annuité' de ce budget pluriannuel,
ainsi que les objectifs de déficit de 3% en 2013 et d'équilibre en 2017",
précisent les services du Premier ministre dans un communiqué.
Le ministre de l'Economie et des Finances, Pierre Moscovici, a
estimé pour sa part dimanche au Grand Jury LCI-RTL-Le Figaro, que
la France devait lutter en Europe contre "un déficit de
crédibilité budgétaire". Et il a reconnu : "Il y a une marche sérieuse
à franchir pour être à 3% l'an prochain".
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