lundi 4 juin 2012

Valls veut savoir ce qui a "dysfonctionné" dans l'affaire Merah

Le ministre de l'Intérieur veut comprendre comment Mohamed Merah, a-t-il pu commettre sept assassinats. "L'Etat n'a pas sur ou pas pu protéger des Français. Il s'agit maintenant d'en comprendre les raisons", explique Manuel Valls dans un entretien au Parisien publié lundi. "Il s'agit d'en comprendre les raisons, ajoute-t-il. J'ai chargé la Direction générale de la police nationale (DGPN) et la Direction centrale du Renseignement intérieur (DCRI) de me fournir une étude très complète sur ce qui a dysfonctionné dans cette affaire", poursuit le ministre.
Mohamed Merah est l'auteur de sept assassinats, dont trois enfants tués de sang-froid dans une école juive de Toulouse, en se réclamant d'Al Qaïda, avant d'être abattu par le Raid le 22 mars à Toulouse. Pour les services de renseignement l'affaire Merah est un traumatisme. "Tout ce qui pouvait rater a raté", a résumé un ex-membre de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), citée par le Parisien. Pour tenter de comprendre Les failles de leurs dispositifs respectifs, la DGSE et la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieure) se sont livrées, il y a quelques jours, à un long débriefing.

Outre la lutte contre la menace terroriste, le trafic de drogue est aussi l'une des priorités du ministre de l'Intérieur. "L'impact du trafic de stupéfiants dans notre société est une question centrale", estime Manuel Valls qui "veut aussi couper les routes de la drogue qui remonte de l'Espagne".

Une protection juridique spécifique pour les policiers

Après les nouvelles nominations à la tête de la préfecture de police (PP) de Paris, de la DGPN et de la DCRI, M. Valls indique qu'il "faudra mettre les choses à plat au sein de l'Inspection générale des services (IGS, la police des polices parisienne, ndlr). Des responsables policiers ont pu être injustement mis en cause, je veux les réhabiliter". De plus, il y aura "nécessairement une réforme des services de renseignement au sein de la préfecture de police de Paris", ajoute Manuel Valls.

Concernant la proposition du gouvernement d'un récépissé pour les contrôles d'identité, Manuel Valls assure que "l'idée n'est pas d'imposer un dispositif. Je veux prendre le temps de la réflexion. Car si cette mesure est perçue comme vexatoire par les policiers, elle ne marchera pas". Interrogé sur les liens entre police et justice, il indique avoir "proposé à Christine Taubira, la ministre de la Justice, de réfléchir à lla question, "très préoccupante", de la violence des mineurs, et rappelle qu'il a demandé à un conseiller d'Etat "de travailler sur la question d'une protection juridique spécifique pour les policiers".



Enfin, "dans 200 à 300 quartiers prioritaires, la présence policière sera renforcée. Il ne s'agit pas de faire du chiffre, mais d'obtenir des résultats", insiste-t-il (voir notre article : Sécurité : Manuel Valls veut des résultats, "sans politique de chiffres"), ajoutant qu'il faudra "à cet égard, redéfinir le rôle des brigades anti-criminalité, les BAC".

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