lundi 16 juillet 2012

Hausse des impôts : le dilemme de François Hollande

Le problème a été posé dans des termes cruellement simples par la Cour des comptes : selon elle, le gouvernement, au vu de ses objectifs affichés (notamment en matière de maîtrise des déficits), doit trouver 33 milliards d'euros en 2013. Tout au long de la semaine écoulée, les calculatrices ont chauffé aussi bien dans les ministères qu'au PS et dans l'opposition de droite. Avec, d'emblée, une piste : la solution d'une hausse de la TVA, décrétée par le gouvernement précédent, étant enterrée, reste celle d'une hausse de la CSG, la Contribution sociale généralisée. Elle paraît aujourd'hui inéluctable à de nombreux économistes. Elle s'est bien évidemment invitée parmi les principaux thèmes de l'interview du 14 juillet de François Hollande. Le président n'a rien écarté. Mais il est resté évasif. "Pourquoi regarder la CSG comme le seul instrument ?", a-t-il demandé, soulignant qu'il n'écartait "aucune ressource puisqu'il y a un débat." Il a surtout mis en avant sa volonté d'épargner les classes moyennes. Mais sur le chapitre de la rigueur ou de l'austérité, il n'a rien nié, se contentant de parler "d'effort juste".
C'est bien sur cet "effort juste" que l'attaque désormais l'ancien ministre UMP de l'Economie François Baroin. "Elle est plus dangereuse pour le pouvoir d'achat" que la TVA sociale, écartée par le gouvernement, dit-il dans les colonnes du Journal du Dimanche. Tout en soulignant qu'il ne voit pas où peut être l'intérêt politique d'une telle hausse. Il est vrai qu'un sondage Tilder/LCI/OpinionWay diffusé mercredi montrait que soixante pour cent des français désapprouvent l'idée de cette augmentation. Pendant que l'opposition de droite et d'extrême droite assure que cette mesure frapperait en priorité les classes défavorisées et moyennes.

Pour l'heure, la décision sur une éventuelle hausse de la CSG est renvoyée à l'année prochaine, après une concertation. Mais selon Le Canard enchaîné, la décision est en préparation et le gouvernement envisagerait une hausse de 2% à 4% de la CSG, à déterminer en fonction de l'évolution de la situation économique. Cette hausse d'impôt, si elle est confirmée, aurait un impact de l'ordre de plusieurs centaines d'euros par an sur des salaires modestes et moyens. Mais elle serait bénéfique pour les finances publiques : une hausse de 1% de la contribution sociale généralisée peut rapporter onze milliards d'euros par an à l'Etat.

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