lundi 16 juillet 2012

"Hollande a fait le service minimum"

En cuisine, sa femme ne quitte pas des yeux la cuisson de sa confiture d’abricot. Dans le salon de son pavillon de Jouy-le-Moutier (Val-d’Oise), qui donne sur un petit carré de pelouse, Jean-Philippe Hardy a exceptionnellement allumé la télévision. La semaine a été éprouvante. La majorité des syndicalistes de PSA ont choisi de déconnecter. Ceux de Rennes ont renoncé à un déplacement sur Brest pour tenter une rencontre avec le président. Jean-Philippe Hardy, délégué FO d’Aulnay, veut écouter ce que François Hollande a à dire. Il n’attendra pas la fin du discours, le chapitre sur PSA clos, il éteint le poste.

"PSA a fait des erreurs stratégiques indéniables"

"À minima, lâche-t-il, déçu. Il a fait le service minimum. Mais vous avez entendu : quand il a parlé des constructeurs qui devaient abandonner le bas de gamme, c’est Aulnay et la C3 qu'il visait!", s’anime-t-il. Jean-Philippe Hardy, entré chez PSA le 20 septembre 1972, a quand même ébauché un sourire satisfait en entendant le président évoquer "un choc pour les salariés". Arnaud Montebourg, qu’il a rencontré deux fois ces dernières semaines, a parlé, lui, de "choc pour la nation".
Pour le syndicaliste, le drame d’Aulnay est une affaire d’hommes, pas de politiciens friands de petites phrases bien tournées. Savoir si la décision a été prise sous le quinquennat précédent comme l’a laissé entendre Hollande est le dernier de ses soucis. Comprendre les pistes d’aides à la filière automobile avancées par le chef de l’État ne le concerne déjà plus. L’ouvrier n’a qu’une date en tête : celle du 26 et le début des négociations du plan proposé par la direction. Il se prépare à des mois de discussions. "Les gens vont mal. Ce ne sont pas des machines. Nous n’avons pas le droit de les tromper. PSA a fait des erreurs stratégiques indéniables. À nous de négocier pour sauver l’emploi."

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