Elle est revenue mercredi sur les bancs de l'Assemblée nationale. Deux mois après son éviction du gouvernement, l'ancienne ministre de l'Écologie, Delphine Batho, a récupéré son siège à l'Assemblée nationale, au sein du groupe socialiste. Elle est sortie de la réunion du groupe socialiste à l'Assemblée, à laquelle le Premier ministre Jean-Marc Ayrault avait participé, aux côtés du président de l'Assemblée, Claude Bartolone, en lui faisant la bise. Elle ne s'est pas exprimé devant la presse à la sortie de la réunion, mais à son arrivée s'était déclarée dans "un état d'esprit positif et combatif", ajoutant "qu'on allait encore l'entendre".
C'est peu dire. Dans un entretien au Nouvel Observateur publié cette semaine, Delphine Batho revient sur les questions budgétaires qui lui avaient valu des tensions notamment avec Matignon lorsqu'elle était ministre. L'un des bras de fer, raconte-t-elle, portait sur le budget de la sûreté nucléaire qui était selon elle menacé et qu'elle voulait préserver. "Il était prévu une baisse de 20 millions d'euros des crédits de l'Institut de Radioprotection et de Sûreté nucléaire (IRSN). Le sujet risquait de devenir explosif dans la mesure où le gouvernement s'était engagé, le 30 mai, à l'Assemblée nationale, par ma voix, à ce que le financement de la sûreté nucléaire ne subisse aucune coupe", affirme Delphine Batho.
"Vous connaissez la suite"
Selon elle, "Matignon a arbitré en affirmant que seule la part 'recherche' du budget de l'IRSN serait visée et non celle dédiée à aider l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN)". "J'ai prévenu qu'on ne tiendrait pas trois minutes face à une polémique sur la baisse des crédits affectés à la sûreté nucléaire. Vous connaissez la suite..." Le directeur général de l'IRSN, Jacques Repussard, a confirmé à l'AFP les propos de Delphine Batho.
Dans son interview, Delphine Batho se réjouit aussi que Philippe Martin, qui lui a succédé à l'Écologie, ait annoncé lors des journées d'été EELV le 22 août à Marseille un maintien en 2014 à son niveau de 2013 du budget de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). "C'est pour moi un premier résultat positif. Je m'en réjouis car l'Ademe pilote les dispositifs concernant la sobriété énergétique et les énergies renouvelables. C'était une des raisons pour lesquelles j'avais dit que le budget de l'environnement était mauvais", déclare l'élue des Deux-Sèvres. Fin août, elle indiquait sur France Bleu Poitou, qu'elle souhaitait devenir membre de la commission des Affaires économiques de l'Assemblée, en charge de la politique de l'énergie.
Loin du ton véhément qu'elle avait employé lors d'une conférence de presse suite à son éviction, Delphine Batho se montre cette fois moins critique par rapport au gouvernement et pense même que la loi sur la transition énérgétique peut être "une belle et grande loi".
http://www.lejdd.fr/Politique/Actualite/Batho-fait-sa-rentree-et-s-explique-627487
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