dimanche 28 septembre 2014

La droite en passe de reconquérir le Sénat

La gauche devrait subir dimanche sa troisième défaite électorale en 2014, après la débâcle des municipales en mars et des européennes en juin: le Sénat, dont la moitié des membres (178 sièges sur 348) sont renouvelables, devrait revenir à la droite, après trois ans de parenthèse socialiste. En septembre 2011, le Sénat avait basculé à gauche avec six voix de majorité seulement, et la Haute Assemblée n'a cessé de rejeter les textes fondamentaux (budgets, réforme des retraites ou réforme territoriale) par l'effet de coalitions de circonstance entre le PCF et la droite, voire de l'opposition des Verts ou des radicaux de gauche à l'exécutif au gré des textes en discussion. Le président PS du Sénat, Jean-Pierre Bel, a annoncé dès le 6 mars - avant les municipales - qu'il n'effectuerait pas un second mandat, ce qui a encore contribué à affaiblir l'institution sénatoriale. Cette élection a provoqué un engouement sans précédent, puisqu'il y a 1 732 candidats en lice pour 178 sièges (contre 1 372 en 2011 et 754 en 2008), et de nombreux dissidents, à droite comme à gauche.

Campagne difficile pour le PS

Cette élection arrive au pire moment pour l'actuelle majorité, sur fond de colère des grands électeurs sénatoriaux, qui font face à la baisse des dotations aux collectivités locales, aux incertitudes quant à l'avenir des départements dans la réforme territoriale, à la coûteuse réforme des rythmes scolaires et à un sentiment d'abandon dans les territoires ruraux. «Tous nos candidats y vont à fond, car la campagne est très difficile», reconnaît Didier Guillaume, le président du groupe PS au Sénat, qui sera probablement le seul à retrouver son siège dans la Drôme, les deux autres sièges socialistes devant revenir à l'UMP.
Le raz de marée de la droite aux municipales de mars a été tel que dans les 58 départements de métropole soumis à renouvellement, l'UMP peut conquérir une trentaine de sièges sur le PS, et l'UDI entre cinq et sept sièges. La gauche ayant 20 sièges d'avance parmi les sénateurs non renouvelables, la victoire de la droite se jouera in fine à une dizaine de sièges près.
Malgré l'introduction de la proportionnelle dans les départements à trois sièges, censée favoriser la gauche, le PS n'en tirera profit que dans le Calvados, la Charente-Maritime, l'Eure, la Sarthe, la Haute-Savoie et la Somme. L'UMP, elle, est en position de force pour gagner des sièges dans tout l'Hexagone, de l'Ain à la Haute- Garonne, en passant par la Corrèze, l'ancien fief de François Hollande, où les deux sièges socialistes sont menacés. Le groupe communiste (CRC) qui a cinq sièges renouvelables pourrait en perdre trois, dans l'Allier, les Bouches-du-Rhône et le Rhône, et le groupe RDSE (radicaux de gauche) a douze sièges renouvelables et trois pertes prévisibles, notamment dans le fief de l'ancien ministre Jean-Pierre Chevènement, qui quitte son siège dans le Territoire de Belfort, brigué par l'UMP.
Outre Jean-Pierre Bel et Jean-Pierre Chevènement, 57 sénateurs (dont 25 PS et 20 UMP) ne se représentent pas, dont l'ancien président UMP du Sénat, Christian Poncelet, ou le maire PS de Strasbourg Roland Ries. L'ancien ministre centriste Michel Mercier, qui avait quitté le Sénat en avril, se représente, lui, dans le Rhône. Certains lui prêtent l'ambition de reprendre la présidence du groupe centriste, actuellement détenue par François Zocchetto. Le député UMP de l'Aube François Baroin, candidat aux sénatoriales, mais aussi à la présidence de l'Association des maires de France (AMF), est assuré d'être élu au Palais du Luxembourg.
À droite, trois sénateurs UMP sont candidats à la présidence du Sénat: Jean-Pierre Raffarin, Gérard Larcher, et le président de la commission des finances, Philippe Marini. Trois autres briguent la succession de Jean-Claude Gaudin à la présidence du groupe UMP: Roger Karoutchi, Gérard Longuet et Bruno Retailleau.

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